L’Érythrée a rejeté les accusations formulées par l’Éthiopie voisine, selon lesquelles elle aurait violé l’intégrité territoriale éthiopienne en occupant des zones frontalières.
Dimanche, Addis-Abeba a adressé une lettre officielle aux autorités d’Asmara, exigeant le retrait immédiat des troupes érythréennes du nord-est de l’Éthiopie et appelant à l’ouverture de discussions sur l’avenir des relations bilatérales.
Dans un bref communiqué publié lundi, le ministère érythréen de l’Information a démenti toute présence de forces armées érythréennes sur le sol éthiopien, qualifiant les accusations d’Addis-Abeba de mensongères.
« L’accusation manifestement fausse et fabriquée de toutes pièces portée hier contre l’Érythrée par le ministre éthiopien des Affaires étrangères est stupéfiante tant par son ton que par son contenu, ses motivations sous-jacentes et ses objectifs globaux », indique le communiqué.
Asmara a ajouté qu’elle « n’a ni l’intention ni le désir de s’engager dans des polémiques stériles susceptibles d’attiser les tensions et d’aggraver la situation ».
Les autorités érythréennes font toutefois part de leurs propres inquiétudes face aux ambitions maritimes jugées « particulières » de l’Éthiopie, pays enclavé, qui souhaite notamment un accès sans restriction au port d’Assab, sur la côte de la mer Rouge, à des fins commerciales et militaires.
L’Éthiopie et l’Érythrée avaient formé une fédération avant la sécession de cette dernière au début des années 1990, à l’issue d’une guerre d’indépendance de trente ans.
Les deux pays se sont ensuite affrontés lors d’un conflit frontalier meurtrier entre 1998 et 2000, qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes.
Ils ont brièvement été alliés face aux rebelles de la région éthiopienne du Tigré durant le conflit de 2020 à 2022, avant que leurs relations ne se détériorent à la suite de l’accord de paix qui a suivi, dont l’Érythrée s’estimait exclue et trahie.
« Malheureusement, cela constitue un nouvel épisode regrettable dans une série et une spirale de campagnes hostiles dirigées contre l’Érythrée depuis plus de deux ans », conclut le communiqué.
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