Des journalistes africains ont réaffirmé, à Nairobi, leur engagement à prendre des mesures concrètes pour lutter contre les violences et le harcèlement sexistes dans les rédactions et lors des reportages sur le terrain.
Un engagement contre les violences sexistes dans les médias a été exprimé à l’issue d’un séminaire continental de deux jours organisé les 15 et 16 décembre 2025 par la Fédération des journalistes africains (FAJ), en collaboration avec l’Union des journalistes du Kenya (KUJ) et avec le soutien de Mondiaal FNV.
Placée sous le thème « Doter les femmes journalistes et les dirigeantes syndicales des outils juridiques, des compétences et des connaissances nécessaires pour lutter contre la violence et le harcèlement sexistes sur le terrain », la rencontre a réuni seize dirigeantes syndicales issues des cinq régions d’Afrique, ainsi que des membres du Conseil Genre de la FAJ.
Les travaux ont porté sur l’élaboration de stratégies visant à renforcer la sensibilisation juridique au sein des syndicats de journalistes et à améliorer la protection des femmes journalistes face aux violences et au harcèlement sexistes dans l’exercice de leur profession.
Une attention particulière a été accordée à la Convention n°190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail, ainsi qu’à la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence fondée sur le genre à l’égard des femmes et des filles. Les participantes ont analysé les mécanismes permettant d’utiliser ces instruments juridiques pour garantir la sécurité, la dignité et la liberté des femmes dans le secteur des médias.
À l’issue des échanges, les participantes se sont engagées à renforcer les dispositifs de prévention et de réponse au sein des syndicats, notamment par l’intégration de clauses spécifiques dans les conventions collectives, la mise en place de mécanismes de signalement sécurisés et l’amélioration de la documentation et du suivi des cas signalés.
Le séminaire a également permis de définir des stratégies visant à consolider la solidarité transfrontalière entre dirigeantes syndicales. Les participantes ont exprimé leur volonté de structurer un réseau continental, sous l’égide de la FAJ, pour favoriser le partage d’expériences, le soutien entre pairs et la coordination des actions de plaidoyer auprès des employeurs, des régulateurs et des autorités publiques.
La présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Dominique Pradalie, a salué les engagements pris et réaffirmé le soutien de la FIJ à la mise en œuvre de mesures concrètes en faveur de la protection et de l’autonomisation des femmes journalistes. Elle a souligné que la lutte contre les violences sexistes dans les médias est étroitement liée à la défense de la liberté de la presse, des droits des travailleurs et de la gouvernance démocratique.
De son côté, la présidente du Conseil panafricain du genre de la FAJ, Indira Correia Baldé, a estimé que la rencontre avait renforcé la voix collective des femmes au sein des syndicats de journalistes africains. Elle a indiqué que les participantes repartent mieux outillées pour engager des actions syndicales fortes visant à transformer durablement la culture des rédactions et à garantir la sécurité des femmes journalistes, en ligne comme hors ligne.
RNK/ac/Sf/APA





