Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené une série d’opérations d’envergure dans la région de Kayes, neutralisant une base des groupes armés terroristes et procédant à plusieurs interpellations, dans un contexte marqué par la récente libération de six routiers sénégalais enlevés dans la même zone.
Dans un communiqué de l’état-Major général des armées (EMGA), les forces maliennes ont localisé et détruit lundi 9 septembre une base terroriste située à Mousafa, en bordure nord de la forêt du Baoulé, à environ 35 kilomètres au sud de Dioumara, dans le cercle de Diéma (région de Kayes, ouest du Mali).
L’opération, menée par voie aérienne, aurait permis de « neutraliser plusieurs dizaines de terroristes », précise le document militaire. Parallèlement, une mission de reconnaissance conduite à Lambatara s’est soldée par l’arrestation de quatre individus suspects, trouvés en possession de « dizaines de téléphones portables ». Les investigations se poursuivent autour de ces interpellations.
Ces opérations militaires interviennent quelques jours après la libération de six routiers sénégalais – deux chauffeurs et quatre apprentis – enlevés jeudi dernier au Mali. L’Union des Routiers du Sénégal (URS) avait annoncé samedi leur retour sain et sauf, confirmé par un transporteur sénégalais qui précisait que « quatre de ses employés (deux chauffeurs et deux apprentis) » étaient rentrés indemnes.
Nouvelles tactiques terroristes et guerre informationnelle
Lors d’un point de presse organisé lundi, le Colonel-major Souleymane Dembélé, porte-parole de l’armée malienne, a expliqué que ces opérations s’inscrivent dans un contexte d’évolution des méthodes du groupe terroriste Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM).
« Les terroristes recourent désormais à de nouvelles tactiques incluant l’utilisation de drones, la pose d’engins explosifs improvisés et des attaques directes contre les populations civiles », a détaillé l’officier supérieur. Ces actions visent selon lui à « semer la terreur et déstabiliser l’économie nationale », comme l’illustre l’enlèvement des routiers sénégalais engagés dans le commerce transfrontalier.
Le porte-parole militaire a par ailleurs catégoriquement démenti les informations faisant état d’un prétendu « blocus » sur les axes routiers stratégiques reliant Kayes, Diéma et Nioro. « Les incursions ennemies ont été de courte durée et relèvent principalement d’opérations de désinformation », a-t-il précisé, en référence notamment au blocus proclamé par JNIM sur Kayes et Nioro du Sahel.
Cette stratégie de déstabilisation économique avait été dénoncée par l’URS comme « une atteinte grave » à la sécurité des travailleurs et de leurs familles, ainsi qu’une menace pour la libre circulation sur le corridor Bamako-Kayes, axe vital pour le transport de produits pétroliers, ciment, denrées alimentaires et autres biens manufacturés entre le Mali et ses voisins.
Appel à l’unité nationale
Le Colonel-major Dembélé a tenu à rassurer sur la capacité opérationnelle des forces maliennes, affirmant que « les forces armées du Mali et celles de l’Alliance des États du Sahel (AES) demeurent en position de force ». Il a également souligné que « les institutions restent sécurisées » et que « la traque des groupes terroristes se poursuivra jusqu’dans leurs derniers retranchements ».
L’officier a conclu en appelant la population malienne à « maintenir son unité et à continuer de soutenir les forces armées pour préserver la stabilité du pays », tandis que l’URS avait de son côté appelé les chauffeurs à plus de vigilance dans leurs déplacements transfrontaliers.
Ces développements soulignent les enjeux cruciaux de la sécurisation des corridors commerciaux régionaux, essentiels à la stabilité économique du Sahel, face aux tentatives de déstabilisation des groupes terroristes qui ciblent désormais directement les acteurs du commerce transfrontalier.
AC/Sf/APA







