Le rapport de 2024 sur l’Indice de démocratie révèle un Maroc performant parmi les voisins arabes, dans une tendance mondiale préoccupante : l’indice global de démocratie a chuté de 5,52 en 2006 à un niveau historiquement bas de 5,17 en 2024.
Le rapport annuel de l’Indice de Démocratie 2024, publié ce jeudi par le journal britannique The Economist à travers son unité de recherche Economist Intelligence Unit (EIU), place le Maroc au 91e rang mondial sur 167 pays évalués. Avec un score de 4,97 sur 10, le royaume se distingue comme le premier pays arabe dans la catégorie des « régimes hybrides », devançant ainsi ses voisins régionaux. Cette classification souligne à la fois les avancées notables du Maroc en matière de démocratie et les défis qui persistent.
Le Maroc affiche une progression régulière depuis 2006, année où il obtenait un score de 3,9. En 2012, ce score est passé à 4,07, puis à 4,77 en 2016, 4,9 en 2018, et a atteint un pic de 5,10 en 2019 avant de connaître un léger recul ces dernières années. Cette trajectoire, bien que positive, reflète les tensions entre les aspirations démocratiques et les réalités politiques du pays.
L’indice de démocratie évalue les nations sur cinq critères principaux : le processus électoral et le pluralisme, la performance du gouvernement, la participation politique, la culture politique et les libertés civiles. Le Maroc obtient des scores variés dans ces domaines : 5,25 pour le processus électoral et le pluralisme, 4,29 pour la performance du gouvernement, 5,56 pour la participation politique, 5,63 pour la culture politique, et 4,12 pour les libertés civiles. Ces résultats mettent en lumière des forces, notamment en matière de culture politique et de participation, mais aussi des faiblesses, particulièrement dans les libertés civiles et la gouvernance.
Dans le monde arabe, le Maroc se positionne comme un leader relatif en matière de démocratie, suivi par la Tunisie (93e mondial), la Mauritanie (108e), l’Algérie (110e) et la Palestine (112e). Seuls le Maroc et la Tunisie sont classés dans la catégorie des « régimes hybrides », tandis que les autres pays de la région sont majoritairement qualifiés de régimes autoritaires. Dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), le Maroc est devancé uniquement par Israël, classé 31e mondial et considéré comme la seule démocratie pleine de la région.
Le rapport souligne que « la démocratie représentative est rare au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, pleinement pratiquée uniquement en Israël ». Il note également que « des façades démocratiques superficielles sont visibles dans les systèmes sectaires rigides d’Irak et du Liban, ainsi que dans les monarchies constitutionnelles de Jordanie et du Maroc, qui penchent fortement en faveur du palais ». Cette analyse met en perspective les limites des réformes politiques dans la région, où les structures de pouvoir centralisées restent prédominantes.
Sur les 167 pays évalués, 130 ont enregistré une baisse ou une stagnation de leur score. Plus d’un tiers de la population mondiale (39,2 %) vit désormais sous un régime autoritaire, avec 60 pays classés dans cette catégorie, soit une augmentation significative par rapport à 2023 et à 2014.
MK/ac/Sf/APA







