Face aux défis du changement climatique, de la pression démographique et de la dépendance alimentaire, Le Soleil a réuni décideurs publics, experts et acteurs du monde rural pour interroger les voies et moyens d’une agriculture performante, inclusive et souveraine à l’horizon 2050.
La Société sénégalaise de Presse et de Publications (SSPP) Le Soleil a inauguré, ce mardi à Dakar, la première édition des Grandes rencontres du Soleil, une nouvelle tribune de réflexion consacrée aux enjeux structurants du développement national.
Cette rencontre marque également le lancement du magazine Collector – Rétrospective 2025, une publication qui revient sur les faits majeurs ayant marqué l’année écoulée, tout en proposant une lecture prospective des défis à venir.
Placée sous le thème « Agriculture, souveraineté alimentaire et économie rurale à l’horizon 2050 », cette première édition a réuni des responsables publics, des experts, des acteurs du monde agricole et des institutions spécialisées, autour d’une question centrale : le Sénégal est-il aujourd’hui en mesure de nourrir durablement ses populations tout en garantissant la dignité et la prospérité des producteurs ?
Le Soleil, un média qui veut « aller au-delà de l’actualité »
Ouvrant les échanges, Lamine Niang, Directeur général du quotidien Le Soleil, a rappelé l’ambition qui sous-tend la création des Grandes Rencontres.
« Un journal national comme Le Soleil ne doit pas se limiter à relater l’actualité. Il doit la questionner, parfois la bousculer, et surtout la mettre en perspective, dans l’intérêt des populations et pour l’avenir du Sénégal », a-t-il déclaré.
Selon lui, la création de cet espace de dialogue n’est pas fortuite. Elle s’inscrit dans la vocation éditoriale du quotidien national, qui entend contribuer à l’élévation du débat public et à l’accompagnement des mutations économiques et sociales du pays.
« À travers le magazine Rétrospective 2025 et l’organisation de ces rencontres, nous voulons nourrir la mémoire collective nationale et prendre de la hauteur sur les grands enjeux », a-t-il ajouté.
Le choix de consacrer cette première édition à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire est, selon le DG, « lourd de sens », dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique et les défis économiques.
L’agriculture comme levier d’insertion et de transformation économique
Intervenant à la suite du Directeur général de Le Soleil, Sémou Diouf, Directeur général de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (ANIDA), a mis en avant le potentiel de l’agriculture comme moteur de création d’emplois et de richesse, notamment en milieu rural.
« La souveraineté alimentaire ne peut être atteinte sans une agriculture attractive, capable d’insérer durablement les jeunes et les femmes dans des chaînes de valeur structurées », a-t-il soutenu.
Il a plaidé pour le renforcement des pôles agricoles intégrés, conçus comme des espaces de production, de transformation et de commercialisation, afin de mieux valoriser les productions locales.
Dans la même dynamique, Cheikh Ahmadou Bamba Ngom, Coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC), a insisté sur la nécessité d’une agriculture moderne et compétitive.
« Il ne suffit pas de produire. Il faut organiser l’espace agricole, maîtriser l’eau, mécaniser, et surtout connecter la production aux marchés », a-t-il expliqué.
Représentant le monde paysan, Habib Thiam, du Collectif des organisations professionnelles et économiques de la filière agricole (COPEGA), a rappelé que la souveraineté alimentaire se construit d’abord sur le terrain.
« Les producteurs sont prêts à relever le défi, mais ils ont besoin d’un meilleur accès aux semences de qualité, aux intrants, au financement et à l’accompagnement technique », a-t-il affirmé.
Il a également souligné que l’amélioration des rendements et des revenus agricoles reste un préalable indispensable pour freiner l’exode rural et renforcer la résilience des communautés.
Clôturant le panel, Mbaye Sylla Khouma, Président du Conseil d’administration de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), a mis en lumière le rôle stratégique de la recherche dans la transformation agricole.
« Sans recherche agricole, il n’y a ni semences performantes, ni adaptation au changement climatique, ni amélioration durable des rendements », a-t-il martelé.
Selon lui, la souveraineté alimentaire passe nécessairement par un investissement accru dans la recherche, afin de développer des variétés adaptées aux réalités agroécologiques du pays et de soutenir l’industrialisation de l’agriculture.
Fort de cette première expérience jugée satisfaisante, Le Soleil ambitionne de pérenniser les Grandes rencontres autour d’autres thématiques majeures, dans l’objectif d’accompagner, par le débat et l’analyse, les choix structurants pour l’avenir du Sénégal.
ARD/ac/Sf/APA







