Aucun avocat ni membre de la famille de l’ancien président du Parlement tunisien n’a pu lui rendre visite ou communiquer avec lui pendant onze jours consécutifs, a indiqué son comité de défense dans un communiqué publié lundi 27 juillet sur sa page Facebook officielle.
Les avocats affirment n’avoir reçu «aucun éclaircissement officiel» sur le lieu où se trouve le dirigeant du parti islamo-conservateur Ennahdha ni sur son état de santé. Ils font également état d’«informations contradictoires» circulant sur sa situation, sans qu’aucune communication des autorités tunisiennes n’ait permis de les vérifier.
Selon la défense, cette rupture prolongée de contact constitue une atteinte aux droits fondamentaux du détenu, notamment à celui de communiquer avec ses avocats et sa famille et de recevoir des soins médicaux appropriés. Le comité souligne que l’âge avancé de Rached Ghannouchi, 85 ans, et ses problèmes de santé rendent la situation particulièrement préoccupante. Il estime que ces restrictions contreviennent aux lois tunisiennes ainsi qu’aux conventions internationales ratifiées par Tunis.
Les avocats ont demandé aux autorités de «révéler immédiatement» l’état de santé de leur client et d’autoriser «sans délai» les visites de sa famille et de ses conseils. Ils tiennent les pouvoirs publics pour «entièrement responsables» de sa sécurité et de tout préjudice susceptible de l’atteindre.
La famille du dirigeant avait déjà alerté sur l’absence de nouvelles. Son fils, Moadh Ghannouchi, a déclaré à Al Jazeera que les avocats avaient vu son père pour la dernière fois quelques jours avant une perte de connaissance survenue le 17 juillet. Sa fille, Soumaya Ghannouchi, a également affirmé dimanche que la famille demeurait privée de tout contact depuis son transfert à l’hôpital.
Rached Ghannouchi est détenu depuis son arrestation à son domicile en avril 2023. Accusé notamment de complot contre la sûreté de l’État, ce qu’il rejette, il a été condamné dans plusieurs affaires, dont une peine de quinze mois en appel pour soutien au terrorisme et incitation à la haine.
Figure historique d’Ennahdha et principal opposant au président Kaïs Saïed, il présidait le Parlement jusqu’à sa dissolution après l’octroi des pleins pouvoirs au chef de l’État, le 25 juillet 2021. Aucune réaction officielle des autorités tunisiennes n’avait été publiée lundi.
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