La plateforme PacteAgriConnect que lance le Sénégal avec l’appui de la Banque mondiale, comme cadre de coopération, ambitionne de créer 800 000 emplois formels d’ici 2029 et d’assurer 90 % de la sécurité alimentaire nationale.
Le gouvernement sénégalais et le Groupe de la Banque mondiale ont officiellement lancé, mardi, le Pacte AgriConnect Sénégal, une initiative stratégique visant à transformer les systèmes agroalimentaires et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
Ce programme s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et de la Stratégie de souveraineté alimentaire (SSA 2025-2034). Il mobilise le gouvernement du Sénégal, le Groupe de la Banque mondiale – à travers l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) – ainsi que les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les organisations de producteurs.
« AgriConnect est une plateforme modèle de structuration d’un pipeline de projets liés à l’Agenda national de transformation. Grâce à des contrats de programmes de filières qui impliquent l’ensemble des parties prenantes, elle vise à atteindre les impacts attendus de la ‘Vision Sénégal 2050´, souveraine, juste et prospère », a indiqué Ahmadou Al Aminou Lo, ministre d’État auprès du président de la République, chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Trois axes stratégiques pour trois chaînes de valeur prioritaires
L’initiative se concentre sur trois chaînes de valeur prioritaires (les céréales, l’horticulture et l’élevage) et repose sur trois piliers complémentaires.
Premièrement, des investissements structurants dans les infrastructures et services agricoles, notamment les aménagements hydro-agricoles, les infrastructures de stockage et de chaîne du froid, ainsi que la connectivité énergétique et routière.
Deuxièmement, la révision des politiques sectorielles pour améliorer l’environnement des affaires, moderniser la gouvernance, réformer les dispositifs de subventions aux intrants grâce au numérique et renforcer la sécurisation foncière.
Troisièmement, l’encouragement d’investissements privés pour stimuler l’innovation, améliorer la bancabilité des projets et créer les conditions pour que les établissements financiers, les agro-industries et les investisseurs s’engagent durablement dans les chaînes de valeur agricoles.
D’ici 2029, le Pacte AgriConnect vise à assurer plus de 90 % de sécurité alimentaire au niveau national et à créer 800 000 emplois formels dans le secteur agricole. Les objectifs incluent l’augmentation du taux de couverture en céréales de 48 % à 78 %, l’autosuffisance en riz portée à 64 %, et l’établissement de 100 coopératives agricoles communautaires à travers le pays.
Pour Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, « le Pacte AgriConnect ambitionne de transformer concrètement la vie de nos populations. Ce sont des familles qui pourront mieux nourrir leurs enfants, des producteurs qui verront leurs revenus augmenter et se stabiliser, des jeunes qui trouveront des emplois et leur avenir dans une agriculture moderne et rentable. »
Un partenariat international coordonné
Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a souligné que « ce qui nous anime dans AgriConnect, c’est la conviction que l’agriculture sénégalaise peut nourrir le Sénégal, créer des opportunités pour sa jeunesse et devenir un moteur de prospérité partagée. À travers l’action coordonnée de l’IDA, de l’IFC et de la MIGA, nous voulons catalyser une dynamique où l’investissement public et privé convergent vers un seul objectif : faire de la souveraineté alimentaire et des emplois une réalité tangible et durable pour chaque Sénégalais. »
Cette approche « one World Bank Group » s’inscrit dans l’engagement du Groupe de la Banque mondiale de doubler ses financements annuels pour l’agri-business, pour atteindre 9 milliards de dollars, et de mobiliser 5 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé et des partenaires, d’ici 2030.
Une transformation agricole déjà en marche
Malgré des progrès notables, l’agriculture sénégalaise reste confrontée à des contraintes structurelles : faiblesse des infrastructures d’irrigation et de stockage, coûts logistiques élevés, accès limité au financement de moyen et long termes, exposition accrue aux risques climatiques, et déficit d’investissements privés dans la transformation agro-industrielle.
Selon ses promoteurs, AgriConnect se distingue par sa capacité à aligner trois leviers qui, trop souvent, avancent séparément : les investissements dans les fondations du secteur, les réformes structurantes des politiques agricoles, et la mobilisation du capital privé.
Cette approche intégrée vise à accroître la participation des exploitations agricoles aux chaînes d’approvisionnement agro-alimentaires pour accélérer la croissance, générer plus d’emplois et assurer la sécurité alimentaire.
ARD/ac/Sf/APA





