Des manifestations contre les coupures d’électricité prolongées ont dégénéré mercredi soir dans plusieurs zones urbaines de Gambie, avec l’incendie d’un commissariat à Tujereng.
Un commissariat de police a été détruit mercredi soir alors que des manifestants sont descendus dans les rues de Gambie, la frustration suscitée par les coupures d’électricité prolongées ayant atteint son paroxysme.
Des manifestations similaires avaient eu lieu lundi soir et mardi soir.
Mercredi soir, des scènes de colère et de violences ont marqué la troisième nuit consécutive de manifestations dans les zones urbaines de Gambie, où des jeunes en colère sont descendus dans les rues pour réclamer la fin des coupures d’électricité, qui paralysent les entreprises et d’autres activités économiques depuis plusieurs mois.
Des manifestations ont notamment eu lieu dans la ville côtière de Tujereng, où de jeunes protestataires, excédés par la situation, ont incendié un commissariat de police et réclamé la démission du gouvernement.
Des manifestations spontanées similaires ont éclaté à Bakau, où les protestataires ont brandi des bougies allumées et défilé dans les rues de la ville en scandant des slogans hostiles au gouvernement et en réclamant la démission du président Adama Barrow, qui devrait briguer un troisième mandat controversé lors des élections prévues en décembre 2026.
À Brufut, Ebo Town, Tallinding, Sukuta et dans d’autres localités périurbaines, d’autres manifestants ont réclamé des sanctions contre de hauts responsables de la Compagnie nationale de l’eau et de l’électricité (Nawec), qu’ils accusent de mauvaise gestion et de manque de supervision face à la crise énergétique chronique qui frappe le pays.
Les coupures d’électricité, qui durent depuis plusieurs mois, se sont aggravées en juin, alimentant une frustration grandissante de la population malgré les promesses du gouvernement de remédier au déficit énergétique, qu’il attribue à un problème régional plus large. La Gambie dépend en partie de sources d’approvisionnement extérieures, notamment du Sénégal et de la Guinée voisins, pour sa fourniture d’électricité.
Mardi, le président Barrow s’est engagé à résoudre la crise énergétique d’ici octobre, reconnaissant les « souffrances et difficultés » des populations contraintes de dormir dans l’obscurité. Il a indiqué que deux groupes électrogènes récemment mis en service étaient acheminés vers la Gambie afin de contribuer à combler le déficit énergétique.
Les pénuries d’eau et d’électricité se sont aggravées pendant la saison chaude, lorsque la demande des consommateurs pour ces services augmente, certaines coupures durant jusqu’à 72 heures dans certaines zones urbaines de Gambie. De plus en plus de ménages et d’entreprises se tournent vers l’énergie solaire pour faire face à la crise.
Une réunion d’urgence aurait été tenue mercredi soir au palais présidentiel alors que les manifestations se poursuivaient dans différentes parties de la zone urbaine.
Le président Barrow avait annoncé la création d’une cellule de travail présidentielle chargée de s’attaquer à la crise.
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