La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans la transformation de son système de santé. CMU, digitalisation, ressources humaines, lutte contre les maladies non transmissibles et production locale de médicaments : les grands chantiers sanitaires ont été au cœur des échanges entre le Gouvernement ivoirien et la Banque mondiale.
Le mardi 8 septembre 2026, le ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’gou Dimba, a reçu à son cabinet, au Plateau, le nouveau Directeur sectoriel Santé, Nutrition et Population de la Banque mondiale, Driss Zine Eddine.
Cette rencontre intervient dans un contexte où Abidjan entend accélérer les réformes destinées à rendre les soins plus accessibles, plus efficaces et mieux adaptés aux besoins de la population.
Accélérer la CMU pour ne laisser personne au bord du chemin
La Couverture maladie universelle (CMU) demeure l’un des principaux leviers de cette transformation.
Pour le Gouvernement ivoirien et son partenaire, l’urgence est désormais d’accélérer le déploiement du dispositif, particulièrement auprès des travailleurs et populations du secteur informel.
L’ambition est de consolider une véritable protection sociale en matière de santé, et de réduire les disparités dans l’accès aux soins. Un défi majeur dans un pays où l’équité sanitaire reste étroitement liée à la capacité des ménages à accéder aux services de santé au moment où ils en ont besoin.
Le numérique au service d’un système de santé plus performant
La digitalisation s’impose également comme un chantier prioritaire.
Pour les autorités ivoiriennes, la modernisation numérique doit permettre de mieux exploiter les données sanitaires, d’améliorer la gestion des établissements, de renforcer la coordination des soins et, à terme, de rendre le système plus réactif.
Derrière cette ambition technologique se joue donc un enjeu essentiel : passer d’une gestion parfois fragmentée à un système de santé davantage connecté, piloté par la donnée et capable d’anticiper les besoins des populations.
Le capital humain, condition de réussite des réformes
Mais aucune réforme sanitaire ne peut réussir sans les femmes et les hommes qui la portent.
Le renforcement des ressources humaines en santé figure ainsi parmi les priorités discutées. Formation, compétences, disponibilité du personnel et capacité du système à répondre à l’évolution des besoins constituent autant de défis auxquels il faudra apporter des réponses durables.
Car moderniser les infrastructures et digitaliser les services ne suffisent pas. La performance d’un système de santé repose avant tout sur la qualité de ses professionnels.
Maladies non transmissibles : le défi silencieux
Les discussions ont également accordé une place importante à la prévention et à la prise en charge des maladies non transmissibles.
Face à la progression des pathologies chroniques, la stratégie sanitaire ivoirienne doit désormais renforcer la prévention, le dépistage précoce et la continuité des soins.
La nutrition s’inscrit dans cette même dynamique, avec la nécessité de mieux agir sur les facteurs qui influencent durablement la santé des populations.
Produire des médicaments en Côte d’Ivoire : l’autre bataille
Autre dossier stratégique : le développement de l’industrie pharmaceutique locale.
L’objectif est double. Il s’agit d’abord de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations de médicaments, mais aussi de sécuriser davantage les chaînes d’approvisionnement en produits de santé.
Cette ambition porte également une dimension économique. Une industrie pharmaceutique plus forte pourrait favoriser les investissements, stimuler l’innovation, développer des compétences spécialisées et créer de nouveaux emplois.
Pour la Côte d’Ivoire, la souveraineté sanitaire apparaît ainsi de plus en plus comme un enjeu à la fois médical, industriel et économique.
Une coopération appelée à changer d’échelle
À travers cette nouvelle séquence de coopération, la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale affichent une même volonté : transformer les priorités sanitaires en résultats tangibles pour les populations.
La CMU pour renforcer la protection sociale, le numérique pour moderniser la gestion, les ressources humaines pour consolider les compétences et l’industrie pharmaceutique pour renforcer l’autonomie du pays : les différents chantiers sont désormais appelés à avancer de manière coordonnée.
La rencontre entre Pierre N’gou Dimba et Driss Zine Eddine ouvre ainsi une nouvelle étape dans le partenariat entre Abidjan et la Banque mondiale.
Le défi est désormais de passer des réformes annoncées à leur accélération sur le terrain. Avec, en ligne de mire, un système de santé ivoirien plus accessible, plus moderne, plus résilient et mieux armé pour répondre aux défis sanitaires des prochaines années.
TE/Sf/APA





