Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la Tunisie à « B- » avec une perspective stable, tout en prévoyant un déficit budgétaire de 6,4 % du produit intérieur brut et une dette publique portée à 85 % du PIB en 2026.
L’agence Fitch Ratings a maintenu la note « B- » pour la Tunisie, et relève plusieurs éléments favorables : un niveau de développement humain et un revenu par habitant supérieurs à ceux de nombreux pays comparables, une économie diversifiée, une main-d’œuvre qualifiée et une certaine résistance de la position extérieure.
Ces atouts sont contrebalancés par un déficit attendu presque deux fois supérieur à la médiane de 3,3 % observée parmi les États notés « B ». L’augmentation du coût des subventions aux carburants ajouterait à elle seule 0,8 point de PIB aux dépenses publiques.
La dette atteindrait 85 % du PIB, contre une médiane de 55 % pour les pays comparables. Environ 40 % de cet encours est libellé en devises, exposant les finances publiques à une dépréciation du dinar. Les besoins de financement resteraient élevés, à 13,5 % du PIB en 2028 hors refinancement de la dette à court terme.
La Banque centrale a accordé à l’État des prêts sans intérêt de sept milliards de dinars en 2024 puis en 2025, soit environ 2,07 milliards d’euros par année. La loi de finances prévoit onze milliards de dinars supplémentaires en 2026, près de 3,25 milliards d’euros. Fitch estime que ce financement direct devrait cesser en 2027, au prix d’un recours accru au marché bancaire intérieur.
Sur le plan extérieur, l’agence prévoit un déficit courant de 3,9 % du PIB en 2026. Elle souligne également l’appréciation de 24 % du taux de change effectif réel entre 2019 et 2025 et la persistance de pressions sur le dinar, malgré les restrictions appliquées depuis mai au financement de certaines importations.
La croissance réelle ne dépasserait en moyenne que 2 % entre 2026 et 2028, avec une inflation de 5,7 % en 2026 puis de 5 %. La perspective stable signifie que Fitch n’anticipe pas une modification immédiate de la note ; elle n’efface ni le risque de refinancement ni les conséquences des déficits sur les banques et l’investissement.
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