La convocation du corps électoral algérien pour le scrutin local du 28 novembre ouvre une séquence électorale complexe, marquée par la création de nouvelles wilayas et la réorganisation des circonscriptions.
Le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué les électeurs pour renouveler les Assemblées populaires communales (APC) et de wilayas (APW), conformément au décret présidentiel no 26-284 du 29 août 2026. La loi électorale prévoit que cette convocation intervienne trois mois avant le scrutin.
Une révision exceptionnelle des listes électorales sera organisée du dimanche 6 au jeudi 17 septembre. Cette période relativement courte devra permettre d’intégrer les changements de résidence, les nouvelles inscriptions et les éventuelles radiations, dans un contexte rendu plus délicat par la modification de la carte administrative.
Le nouveau découpage porte désormais l’organisation territoriale à 69 wilayas et 1 541 communes. Il impose une nouvelle répartition des circonscriptions et des sièges au sein des assemblées locales. Leur nombre doit être fixé par voie réglementaire en fonction des données du dernier recensement de la population et de l’habitat. À moins de trois mois du vote, la publication rapide de ces paramètres sera indispensable pour permettre aux partis, aux candidats et aux électeurs de connaître précisément les règles applicables dans chaque territoire.
Les membres des APC et des APW seront élus pour cinq ans au scrutin de liste ouverte, à la représentation proportionnelle avec vote préférentiel et sans panachage. Les listes devront présenter six candidats supplémentaires lorsque le nombre de sièges est pair et sept lorsqu’il est impair.
La législation impose également un tiers de femmes, au moins 50% de candidats âgés de 40 ans ou moins et un tiers de titulaires d’un niveau d’enseignement universitaire. L’obligation de représentation féminine ne s’appliquera cependant pas aux communes comptant moins de 20 000 habitants, une dérogation qui risque de réduire la présence des femmes dans une partie importante des assemblées rurales.
Dans les wilayas nouvellement créées, certaines listes présentées par des partis seront dispensées de la collecte de signatures lorsqu’elles satisfont aux conditions liées aux résultats antérieurs ou à leur représentation dans la wilaya mère. Cette mesure facilite la transition administrative, mais elle pourrait également avantager les formations déjà implantées au détriment des nouveaux acteurs.
L’Autorité nationale indépendante des élections sera chargée de préparer, superviser et contrôler le scrutin. Au-delà du calendrier officiel, sa crédibilité dépendra de sa capacité à garantir des listes fiables, une répartition transparente des sièges et un accès équitable à la compétition. La convocation des électeurs lance formellement le processus; elle ne dissipe pas encore les incertitudes suscitées par une réforme territoriale appliquée à quelques semaines du dépôt des candidatures.
MK/AK/Sf/APA







