Le principal organe des Nations Unies chargé de la lutte contre la discrimination raciale a appelé les pays impliqués dans la traite transatlantique des esclaves à accorder des réparations, estimant que les préjudices causés doivent être traités à travers un ensemble complet de mesures réparatrices.
Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a lancé un appel pour des réparations de la traite atlantique des esclaves, dans sa Recommandation générale n° 40, publiée lundi à l’occasion de la Journée internationale des personnes d’ascendance africaine.
Composé de 18 experts, le comité estime que les États ayant participé directement ou indirectement à la traite des esclaves ont aujourd’hui une obligation juridique de mettre en œuvre des mesures de réparation en faveur des personnes d’ascendance africaine.
L’organe onusien préconise une série de recours allant des indemnisations financières et de la restitution à la réhabilitation, à l’édification de mémoriaux, aux excuses officielles et aux garanties de non-répétition.
Il exhorte également les gouvernements à enquêter sur l’histoire complète de l’esclavage fondé sur la race et à en rendre publics les faits.
Selon le comité, ces conclusions font passer la question des réparations du statut de responsabilité historique à celui d’obligation juridique actuelle, liée à la persistance des discriminations raciales.
Bien que ces recommandations ne soient pas juridiquement contraignantes, le CERD souligne qu’elles possèdent une autorité interprétative importante et pourraient orienter les décisions des tribunaux, l’action des gouvernements ainsi que de futurs contentieux.
Cet appel intervient alors que les revendications en faveur de réparations gagnent en intensité en Afrique et dans les Caraïbes.
L’Union africaine a proclamé 2025 « Année des réparations » avant de déclarer la période 2026-2036 « Décennie des réparations », dans le but de promouvoir une justice mondiale face à l’esclavage transatlantique, au colonialisme et à l’apartheid.
En juin, des représentants de plus de 80 pays réunis au Ghana ont adopté un cadre en 19 points réclamant notamment des compensations financières, un allègement de la dette, des excuses sans condition ainsi que la restitution des biens culturels et des restes humains.
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