Du coup d’État gabonais aux premières olympiques africaines, la date du 30 août cristallise les luttes et conquêtes du continent.
Exactement un an après le coup d’État qui a renversé Ali Bongo Ondimba au Gabon, le 30 août s’impose comme une date chargée de symboles dans l’histoire africaine contemporaine et passée.
Le 30 août 2023, des militaires du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont mis fin à plus d’un demi-siècle de règne de la famille Bongo au Gabon, quelques heures après l’annonce de la réélection controversée du président pour un troisième mandat. Dirigés par le général Brice Oligui Nguema, les putschistes ont dissous les institutions, fermé les frontières et instauré une transition militaire. Cette intervention s’inscrit dans la série de coups d’État qui secoue l’Afrique francophone depuis 2020. Un décret présidentiel de janvier 2024 a depuis institué cette date comme « Journée nationale de la Libération« .
Cette même date résonne également dans l’histoire plus ancienne du continent. Le 30 août 1987, l’Afrique du Sud voyait se terminer l’une des grèves les plus massives de l’ère apartheid : 340 000 mineurs noirs avaient cessé le travail depuis le 9 août pour revendiquer de meilleures conditions. Le conflit s’est soldé par un bilan dramatique de 10 morts, 350 blessés et 40 000 licenciements, illustrant la violence du régime raciste contre les mouvements sociaux.
Au Togo, le 30 août porte une double signification historique. En 1959, des progressistes avaient proposé cette date pour l’indépendance nationale, en référence à la proclamation de la République autonome de 1956, avant que le 27 avril 1960 ne soit finalement retenu. Dix ans plus tard, le 30 août 1969, le général Gnassingbé Eyadéma fondait son parti unique, le Rassemblement du peuple togolais, détournant la symbolique de cette date à des fins de légitimation autoritaire. Aujourd’hui, des mouvements citoyens comme le M66 tentent de réinvestir cette date comme symbole démocratique.
Dans un registre plus positif, le 30 août 1983 marquait une première historique pour la diaspora africaine : le décollage de la navette spatiale STS-8 avec l’ingénieur Guion S. Bluford, premier Afro-Américain à voyager dans l’espace.
Plus tôt encore, le 30 août 1904, les Sud-Africains Len Tau et Jan Mashiani devenaient les premiers Africains autochtones à participer aux Jeux Olympiques lors du marathon de Saint-Louis, malgré les humiliations racistes subies pendant la course.
L’Afrique du Sud contemporaine a également adopté de manière informelle cette date comme « Amagwinya Day« , célébration populaire du vetkoek, ces beignets traditionnels de la cuisine locale, relayée par les médias et réseaux sociaux comme moment de fierté culinaire.
Le 30 août coïncide enfin avec la Journée internationale des victimes de disparition forcée, rappelant l’importance de la lutte pour les droits humains sur le continent africain.
Sf/APA







