La fête du 10 février a été marquée par plusieurs événements majeurs et documentés de l’histoire africaine et de sa diaspora, à la fois par la violence coloniale, des crimes d’État et des actes de résistance politique devenus des références historiques, selon des archives institutionnelles, des commissions officielles et des sources internationales concordantes.
En 1936, le 10 février correspond au début de la bataille d’Amba Aradam, en Éthiopie, lors de la seconde guerre italo-éthiopienne. L’offensive lancée par les forces fascistes italiennes du maréchal Pietro Badoglio contre les troupes du Ras Mulugeta Yeggazu se caractérise par une supériorité militaire écrasante et par l’usage avéré d’armes chimiques, notamment le gaz moutarde. Cette bataille ouvre la voie à l’occupation d’Addis-Abeba le 5 mai 1936 et demeure l’un des épisodes les plus documentés de la répression coloniale en Afrique.
Le 10 février 1984 marque également le début du massacre de Wagalla, dans le nord-est du Kenya. Des milliers d’hommes du clan somalien Degodia sont rassemblés par les forces de sécurité, détenus dans des conditions inhumaines, puis exécutés sommairement au cours d’une opération militaire menée sous le régime du président Daniel arap Moi. Des enquêtes ultérieures, notamment celles de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (TJRC), qualifient Wagalla de pire violation des droits humains de l’histoire du Kenya.
Sur le plan politique, le 10 février 1985, Nelson Mandela refuse publiquement la libération conditionnelle proposée par le président sud-africain P.W. Botha. Le message, lu par sa fille Zindzi Mandela à Soweto, affirme que seule une liberté pleine et entière du peuple sud-africain peut justifier des négociations, renforçant ainsi la portée morale et internationale de la lutte contre l’apartheid.
La diaspora africaine est aussi marquée, le 10 février 1989, par l’élection de Ron Brown à la tête du Comité national démocrate des États-Unis, faisant de lui le premier Afro-Américain à diriger un grand parti politique américain.
Cette date correspond enfin à plusieurs naissances et décès confirmés de figures afro-descendantes majeures, dont la soprano Leontyne Price (1927), la chanteuse Roberta Flack (1937), le footballeur sénégalais Salif Diao (1977), l’actrice Uzo Aduba (1981), le sprinter Justin Gatlin (1982), l’acteur Trevante Rhodes (1990) et l’actrice et militante Yara Shahidi (2000). Elle marque également le décès, en 1992, de l’écrivain afro-américain Alex Haley, auteur de Roots, œuvre fondatrice de la mémoire diasporique africaine.
Sf/APA







