ELECAM a rejeté la candidature de Maurice Kamto pour non-respect du Code électoral par double candidature, tandis que treize autres, dont le président sortant Paul Biya, ont été retenus pour le scrutin du 12 octobre.
Le Conseil électoral d’Élections Cameroon (ELECAM) a rejeté la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, invoquant une « pluralité d’investiture » par le MANDEM, un motif jugé contraire aux dispositions du Code électoral. Cette décision, rendue publique samedi 26 juillet, intervient alors que treize candidatures ont été validées, dont celle du président sortant Paul Biya.
Selon la résolution n°2025 – 013/R/ELECAM/CE, Kamto a été investi par plusieurs partis ou entités politiques, ce qui constitue une irrégularité formelle au regard des textes régissant l’éligibilité. Le Code électoral camerounais impose une investiture unique par parti ou une présentation claire en tant que candidat indépendant, ce que le dossier de l’opposant n’aurait pas respecté.
Maurice Kamto, ancien ministre et président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), s’était présenté cette fois sous la bannière du MANDEM, un changement remarqué dans les cercles politiques. Aucun autre élément de son dossier n’a été remis en cause, contrairement à de nombreux autres candidats recalés pour absences de documents essentiels (certificat de nationalité, liste de parrainages, attestation fiscale, etc.). Cette singularité renforce l’idée d’un rejet strictement fondé sur une disposition technique, mais potentiellement lourde de conséquences politiques.
En parallèle, ELECAM a validé les candidatures de figures majeures de la scène politique, confirmant ainsi la participation de Paul Biya (RDPC), Bello Bouba Maigari (UNDP), Joshua Osih (SDF), Cabral Libii (PCRN), Akere Muna (UNIVERS) et d’autres acteurs issus d’une large palette idéologique. Le Conseil électoral a statué à l’unanimité, après examen de 84 dossiers dont 70 ont été rejetés.
La candidature de Paul Biya avait été officiellement annoncée le 13 juillet. Dans une allocution adressée aux Camerounais, le chef de l’État déclarait : « Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Le meilleur reste à venir. »
La mise à l’écart de Maurice Kamto, principal rival du pouvoir lors de la présidentielle de 2018, suscite d’ores et déjà de vives critiques au sein de l’opposition, qui y voit une manœuvre pour restreindre le champ politique.
La campagne électorale s’ouvrira dans les prochaines semaines. Le scrutin d’octobre s’annonce sous tension, dans un pays confronté à des défis sécuritaires et sociaux persistants.
AC/Sf/APA






