En visite officielle à Bamako, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Ahmed Mohamed Abdelatty, a réaffirmé jeudi le soutien du Caire au Mali dans sa lutte contre le terrorisme, tout en appelant à un rapprochement stratégique Sud-Sud, tant sur les plans militaire qu’économique.
Portant un message du président Abdel Fattah al-Sissi destiné au président de la Transition, le général Assimi Goïta, le chef de la diplomatie égyptienne, en visite au Mali, a exprimé l’engagement de l’Égypte à renforcer sa coopération avec Bamako et, plus largement, avec la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
À l’issue de son entretien avec le chef de l’État malien, Badr Abdelatty a précisé que l’Égypte était prête à appuyer le Mali sur plusieurs fronts : la lutte militaire contre le terrorisme, le combat idéologique contre l’extrémisme, ainsi que les efforts de développement économique.
« Le président al-Sissi m’a donné pour instruction de collaborer étroitement avec la partie malienne afin de renforcer notre coopération militaire et économique », a-t-il déclaré.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large du Caire visant à contribuer à la stabilisation du Sahel, une région où l’Égypte souhaite désormais jouer un rôle accru. En se positionnant comme un partenaire stratégique de l’AES, l’Égypte entend accompagner ces pays dans leur quête de souveraineté sécuritaire et de relance économique.
La visite égyptienne a également été marquée par l’organisation d’un forum économique bilatéral à Bamako. Cette rencontre a réuni des acteurs économiques des deux pays autour de secteurs clés tels que les mines, l’agriculture, les infrastructures et l’énergie, dans l’objectif de poser les bases d’une coopération économique durable et mutuellement avantageuse dans le cadre du partenariat Sud-Sud.
« Ce partenariat sera conçu pour servir les intérêts de nos deux pays et de nos investisseurs respectifs », a précisé le ministre égyptien, mettant en avant le rôle que pourrait jouer l’Égypte pour soutenir la résilience économique des États sahéliens.
Cette initiative intervient dans un contexte de recomposition géopolitique, alors que les pays membres de l’AES ont acté leur retrait de la Cédéao et entendent redéfinir leurs alliances. L’ouverture vers l’Égypte s’inscrit ainsi dans une volonté de diversification des partenariats au-delà du cercle ouest-africain traditionnel.
Pour Le Caire, ce rapprochement avec l’AES s’insère dans une stratégie d’élargissement de son influence en Afrique, en complément de ses ancrages historiques dans la Corne de l’Afrique et la vallée du Nil. Quant à Bamako, il y voit une opportunité de rééquilibrer ses relations extérieures, à un moment où les liens avec plusieurs partenaires occidentaux restent tendus.
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