Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a ouvert, le 9 juin 2026 à Bamako, les activités de la Journée internationale des Archives. La rencontre a porté sur la sauvegarde et l’accès aux archives par la numérisation, dans un pays où les documents publics restent essentiels à la gouvernance, à la justice et à la mémoire nationale.
À l’heure de la Journée internationale des archives, célébrée ce 9 juin 2026, la Direction nationale des Archives du Mali (DNAM) conserve environ 69 500 articles, soit 7,405 kilomètres linéaires de documents. Ces fonds proviennent notamment des archives coloniales et contemporaines, avec des dossiers liés à l’administration, au foncier, à la justice, à l’économie, à la santé, à l’éducation, aux mines, aux finances publiques et aux collectivités.
Placée sous le thème « Garantir et renforcer la sauvegarde et l’accès aux archives par la numérisation », la journée a permis de faire le point sur l’état des fonds conservés par la DNAM et sur les besoins de modernisation du système national d’archives. Le Premier ministre a présenté les archives comme des instruments précieux pour la justice, la gouvernance et la continuité de l’action publique.
La DNAM est chargée d’élaborer la politique nationale en matière d’archives, de collecter, conserver, traiter et communiquer les documents publics. Elle contrôle aussi les conditions de conservation des archives de l’État, des collectivités territoriales et des organismes publics, à l’exception du ministère chargé des Forces armées.
La numérisation constitue un enjeu central pour préserver les documents, réduire les risques de perte ou de dégradation, faciliter l’accès des administrations aux données et renforcer la traçabilité des décisions publiques. Elle répond aussi aux besoins croissants liés à la dématérialisation de l’État, à la sécurisation des informations administratives et à l’usage futur de l’intelligence artificielle.
Le Mali dispose d’un cadre juridique relatif aux archives depuis 2002. Ce dispositif a été renforcé en 2018 par plusieurs textes, dont la Politique nationale des Archives et son plan d’action 2018-2022, qui prévoyaient déjà la modernisation du système, l’archivage électronique et la valorisation des fonds publics.
L’histoire des archives au Mali remonte à la période coloniale, avec la création de dépôts d’archives dans l’ancienne Afrique occidentale française dès 1913. Les archives centrales du Soudan français à Koulouba recevaient déjà, avant l’indépendance, les dossiers et registres produits par les administrations et services publics.
La question dépasse donc la conservation documentaire. Dans un pays confronté à des enjeux de gouvernance, de litiges fonciers, de justice, de continuité administrative et de mémoire historique, la numérisation des archives publiques apparaît comme un outil de preuve, de transparence et de sécurisation de l’action de l’État.
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