Selon le dernier rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, les transferts mondiaux d’armes ont atteint leur plus forte hausse depuis 2011–15, dans un contexte de réarmement massif en Europe et de reconfiguration profonde des flux d’armements à l’échelle planétaire.
Les États d’Afrique subsaharienne ont augmenté leurs importations d’armements majeurs de 13 % entre 2016–20 et 2021–25, le Sénégal se classant au deuxième rang des principaux destinataires de la sous-région, révèle le rapport annuel du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) publié lundi 9 mars 2026.
Selon ce rapport intitulé Trends in International Arms Transfers, 2025, le Nigeria arrive en tête des importateurs d’armements en Afrique subsaharienne avec 16 % des importations sous-régionales, suivi du Sénégal (8,8 %) et du Mali (8,0 %). L’ensemble de la sous-région ne représente toutefois que 2,2 % du total mondial des importations d’armements majeurs sur la période.
La Chine s’impose comme le principal fournisseur de la sous-région, ayant livré des armements majeurs à 23 États africains et capté 22 % des importations sous-régionales. La Russie se positionne en deuxième place avec 12 % des livraisons, devant la Türkiye (11 %).
L’Afrique globalement en recul
À l’échelle du continent, le tableau est moins favorable. Les importations africaines d’armements majeurs ont chuté de 41 % entre les deux périodes quinquennales, l’Afrique ne représentant plus que 4,3 % des importations mondiales en 2021–25, loin derrière l’Europe (33 %), l’Asie-Océanie (31 %) et le Moyen-Orient (26 %).
Les principaux fournisseurs du continent africain demeurent les États-Unis (19 % des importations africaines), la Chine (17 %), la Russie (15 %) et la France (8,3 %).
Au sein du continent, le Maroc (28e rang mondial) et l’Algérie (33e rang) restent de loin les plus grands importateurs d’armements, leurs tensions bilatérales constituant, selon le SIPRI, « un moteur majeur de leurs importations ». Le Maroc a accru ses achats de 12 % sur la période, tandis que l’Algérie a enregistré une chute vertigineuse de 78 % — bien que l’institut suédois nuance cette donnée, l’Algérie étant « souvent discrète sur ses importations d’armements », avec plusieurs transactions non vérifiées signalées avec la Russie.
Conflits et opacité des transferts
Le rapport souligne la difficulté particulière de tracer les flux d’armements vers les zones de conflit africaines, « en raison du haut niveau de secret qui les entoure généralement ». Il cite notamment la guerre civile soudanaise, déclenchée en 2023, au cours de laquelle les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (FSR) ont toutes deux reçu des livraisons d’armements majeurs. Les transferts identifiés vers Khartoum incluaient des drones armés, des véhicules blindés et des aéronefs en provenance du Bélarus, d’Iran, du Kirghizstan, de la Türkiye et des Émirats arabes unis.
Ces données africaines s’inscrivent dans un contexte de forte hausse des transferts mondiaux d’armements, en progression de 9,2 % entre 2016–20 et 2021–25 — la plus forte augmentation enregistrée depuis 2011–15. Les États-Unis consolident leur domination avec 42 % des exportations mondiales, tandis que la Russie voit sa part s’effondrer de 21 % à 6,8 % sous l’effet des sanctions et de la guerre en Ukraine.
AC/APA







