De nombreux pays africains ont vu leur notation de crédit souverain s’améliorer grâce à de meilleures performances macroéconomiques, à l’assainissement de leurs finances publiques et aux progrès réalisés en matière de restructuration de la dette, selon la 12e édition des Perspectives de la notation de crédit souverain en Afrique.
L’amélioration des perspectives à travers la perception des agences indique que les pays africains ont connu des évolutions contrastées de leur notation de crédit au cours du second semestre 2025, comme le détaille la nouvelle publication des Perspectives de la notation de crédit souverain en Afrique, élaborée conjointement par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et le Mécanisme africain d’examen par les pairs (MAPE).
Ce rapport exhaustif analyse l’impact des mutations financières mondiales, des défis budgétaires et des réformes de la gouvernance sur l’évolution du crédit souverain à travers le continent.
S’appuyant sur les performances de certains pays africains, le rapport souligne la réussite remarquable de la Côte d’Ivoire, qui a bénéficié d’une amélioration de sa notation par Fitch Ratings grâce à sa stabilité politique, une croissance économique soutenue supérieure à 6 % et une gestion stratégique de sa dette.
Les stratégies financières proactives mises en œuvre par ce pays d’Afrique de l’Ouest, notamment les rachats d’euro-obligations et la diversification de ses investissements dans les obligations japonaises Samurai, ont largement contribué à cette évaluation positive. À l’inverse, le Botswana a subi des dégradations de sa notation par Moody’s et Standard & Poor’s (S&P), soulignant la vulnérabilité même des économies historiquement stables.
Ce pays d’Afrique australe, longtemps considéré comme un modèle de réussite économique du continent, a vu sa notation chuter suite à une baisse brutale des recettes diamantifères qui a fragilisé ses finances publiques.
Malgré ces difficultés, le Botswana a conservé son statut de « catégorie investissement », ce qui le distingue de nombreux pays de la région.
Le Cabo Verde a bénéficié d’une révision positive de ses perspectives par S&P, laissant entrevoir des améliorations potentielles si l’archipel maintient sa dynamique économique actuelle. Ces résultats contrastés reflètent la diversité des défis et des opportunités économiques auxquels sont confrontés les pays africains dans un contexte financier mondial complexe.
Le rapport va au-delà de l’analyse et propose des recommandations concrètes visant à renforcer les profils de crédit souverain en Afrique.
Il souligne l’importance d’intensifier le dialogue entre les gouvernements africains et les agences de notation internationales afin que les décisions de notation reflètent fidèlement les réformes et les améliorations économiques en cours. Les auteurs appellent à une plus grande transparence dans les méthodologies de notation et à un réexamen des contraintes telles que le cadre du plafond souverain, qui limite actuellement les notations de banques et d’entreprises nationales par ailleurs solides dans de nombreux pays africains.
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