La détection d’un herpèsvirus associé à des mortalités de sardines en Afrique du Sud conduit des professionnels marocains à réclamer une surveillance renforcée, bien qu’aucun cas ni indice de circulation du pathogène n’ait été signalé dans les eaux du Royaume.
Des échouages inhabituels de sardines sont observés depuis le début d’août sur le littoral sud-africain. Le 14 août, les autorités locales ont confirmé la présence de matériel génétique du Pilchard herpesvirus, ou PHV, dans des prélèvements, sans encore établir avec certitude qu’il constituait l’unique cause des mortalités.
Environ 75 poissons ont été soumis à des analyses. Les quinze premiers échantillons examinés étaient positifs, les concentrations les plus importantes ayant été mesurées sur dix sardines issues de l’épisode de mortalité. Une séquence génétique présenterait une similitude de 99,7 % avec celle du virus précédemment identifié en Australie.
Les épisodes australiens de 1995 puis de 1998-1999 avaient provoqué des mortalités massives sur plusieurs milliers de kilomètres. Ce précédent explique l’attention portée aux événements sud-africains, sans permettre de conclure que les mêmes conséquences se produiront au Maroc ou que le virus se propagera entre les deux zones.
La sardine occupe une place importante dans la pêche côtière marocaine, l’activité des conserveries de Safi, l’emploi, le transport et les exportations. Hassan Saadouni, président d’une commission de la CGEM Marrakech-Safi consacrée au littoral et à l’économie bleue, préconise une veille scientifique renforcée, de meilleures capacités de laboratoire et un système rapide de signalement des mortalités.
La microbiologiste Rosemary Dorrington recommande notamment une surveillance moléculaire et des précautions sanitaires pour les éventuelles importations de sardines. Plusieurs inconnues subsistent toutefois sur la présence latente du virus, les facteurs environnementaux susceptibles de l’activer et son mode de propagation.
L’enjeu immédiat consiste donc à améliorer la détection sans susciter d’alarme injustifiée. En l’absence de cas marocain, aucune restriction commerciale ou mesure sanitaire exceptionnelle n’a été annoncée. La pertinence des dispositifs dépendra de leur capacité à produire rapidement des analyses fiables si une mortalité anormale apparaît.
MK/AK/Sf/APA





