Plus de 8 000 visas ont été délivrés en 2025 à des citoyens burkinabè pour se rendre en Chine, a indiqué lundi l’ambassadeur chinois à Ouagadougou Zhao Deyong, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
« Plus de 8 000 visas ont été délivrés » à des Burkinabè en 2025, pour des activités commerciales, des études, des formations ou encore des missions professionnelles, a déclaré l’ambassadeur chinois Zhao Deyong, cité dans un compte rendu de la Primature burkinabé.
Le diplomate chinois s’exprimait après avoir été reçu par le Premier ministre burkinabè, avec lequel il a eu, selon lui, un « échange franc et fructueux » sur l’état des relations bilatérales et les perspectives de coopération entre les deux pays.
Cette mobilité croissante témoigne de « la vitalité des échanges économiques, universitaires et humains » entre la Chine et le Burkina Faso, selon la Primature.
Les discussions ont notamment porté sur l’agriculture, la santé, la défense et les infrastructures technologiques, dans un contexte de rapprochement entre Ouagadougou et Pékin.
Priorité à la production et au transfert de technologies
M. Ouédraogo a souligné l’importance de la coopération chinoise dans la volonté du Burkina Faso de renforcer ses capacités nationales de production.
Le pays souhaite notamment davantage d’équipements productifs, de transferts de technologies, de formations et de soutien à la création d’unités locales de production, plutôt que de dépendre principalement d’aides ponctuelles, notamment alimentaires.
Le Burkina Faso acquiert déjà en Chine des équipements destinés à la défense ainsi que des machines pour les secteurs agricole et industriel.
« Au-delà des aides ponctuelles (…) l’enjeu est de permettre au Burkina Faso de produire davantage, de transformer localement ses matières premières et de réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur », a souligné le chef du gouvernement, selon le compte rendu.
L’ambassadeur Zhao a assuré que Pékin partageait cette orientation et entendait adapter davantage son soutien aux priorités définies par les autorités burkinabè.
« La Chine soutiendra le Burkina Faso dans la recherche d’une voie de développement adaptée à ses réalités nationales », afin de parvenir à « un développement autonome sur la voie de la modernisation » et d’améliorer le bien-être de la population, a-t-il déclaré.
Accélérer les projets
Les deux parties ont également évoqué plusieurs accords et projets d’appui déjà conclus, l’ambassadeur chinois appelant à accélérer leur mise en œuvre afin que les engagements pris débouchent rapidement sur des réalisations concrètes.
Parmi les projets cités figure le Centre hospitalier universitaire de Pala, à Bobo-Dioulasso, présenté par la Primature comme une réalisation majeure de la coopération sino-burkinabè. L’établissement a été inauguré le 24 décembre 2025 avec l’appui de la Chine.
Les échanges ont enfin porté sur les convergences revendiquées entre la « Révolution progressiste populaire » promue par les autorités burkinabè et l’approche chinoise d’un développement « centré sur le peuple ».
Depuis le retour des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Pékin en 2018, après leur rupture en 1994, la Chine est devenue un partenaire important du Burkina Faso dans plusieurs secteurs, notamment les infrastructures, la santé et l’agriculture.
Les autorités burkinabè, dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré depuis septembre 2022, affichent désormais leur volonté de privilégier une coopération fondée sur la souveraineté, la production locale et le transfert de compétences.
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