Le cimentier public Gica est présenté par le gouvernement algérien comme « locomotive des exportations hors hydrocarbures », alors que la dépendance du pays aux recettes gazières et pétrolières reste écrasante.
Le ministre de l’Industrie Yahia Bachir a réuni mardi les responsables du Groupe industriel des ciments d’Algérie (Gica), présenté comme une « locomotive du développement des exportations hors hydrocarbures », alors que le pays peine à diversifier réellement son économie, toujours largement dépendante des recettes pétrolières et gazières.
Au cours de cette rencontre, les dirigeants du groupe public ont exposé les résultats financiers, la gestion des 23 filiales, ainsi que les difficultés techniques et administratives rencontrées. Avec 14 cimenteries et une capacité annuelle affichée de 19,5 millions de tonnes, Gica reste le premier producteur national, et ses responsables ambitionnent de porter les exportations de six millions de tonnes en 2023 à dix millions en 2025. Les ventes extérieures auraient rapporté 24 milliards de dinars (environ 165 millions d’euros), selon les chiffres communiqués.
Le gouvernement met en avant ces performances comme une preuve de la politique de diversification économique promise par le président Abdelmadjid Tebboune. Mais derrière ce discours officiel, les observateurs soulignent que la contribution réelle des exportations de ciment à la balance commerciale demeure marginale face à la domination persistante des hydrocarbures, qui représentent encore plus de 90 % des recettes en devises.
La stratégie industrielle algérienne reste marquée par un fort contrôle étatique et une bureaucratie lourde, que les propres responsables du groupe reconnaissent comme un frein au développement. Le ministre a ainsi dû ordonner d’« accélérer » les projets en retard, notamment le pôle technologique de Gica, et d’intégrer aux chaînes de valeur des actifs issus de biens confisqués.
Si le cimentier Gica est élevé au rang de symbole de la relance économique, le secteur reste tributaire d’un marché international fluctuant et fortement concurrentiel. Les volumes exportés vers la Mauritanie, l’Europe ou l’Amérique latine apparaissent modestes, et le pari d’une montée en puissance durable reste incertain sans réformes structurelles profondes, notamment dans l’environnement des affaires et la gouvernance économique.
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