Lors d’une conférence de presse en ligne tenue en marge de la réunion des chefs d’état-major africains à Nairobi, le général Michael Langley a mis en garde contre une recrudescence des attaques jihadistes dans le Sahel, liée au départ des forces américaines du Niger. Il a réaffirmé le soutien des États-Unis à leurs partenaires, notamment au Nigéria.
Le général américain Michael Langley, chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a exprimé vendredi ses inquiétudes face à la recrudescence des attaques terroristes dans la région du Sahel, depuis le retrait des troupes américaines du Niger en 2024 suite à la demande du régime de refondation dirigé par le général Abdourahmane Tiani. Il s’exprimait en visioconférence en marge de la Conférence des chefs d’état-major des armées africaines, organisée à Nairobi, au Kenya.
Répondant à une question de Chris Gordon, journaliste pour Air & Space Forces Magazine, le général Langley a déclaré que « depuis notre départ du Niger, nous observons une augmentation des attaques perpétrées par des organisations extrémistes violentes, non seulement au Niger, mais aussi dans tout le Sahel, y compris au Nigéria, et en provenance du Burkina Faso et du Mali ».
Langley a souligné que cette montée en puissance se manifeste tant par la fréquence que par la complexité des attaques, alimentées par des revendications sociales persistantes, la circulation incontrôlée d’armes et la prolifération de groupes armés.
Il a reconnu que le retrait des troupes américaines a réduit les capacités de surveillance des États-Unis dans la région, mais a précisé qu’AFRICOM continue à soutenir ses partenaires par le partage de renseignements et la formation.
Interrogé par une autre journaliste, Jessica, sur les dernières attaques d’ampleur au Nigéria et au Sahel, le général Langley a admis que « l’ampleur et la brutalité de certains de ces incidents sont vraiment inquiétantes ». Il a ajouté que les États-Unis restent déterminés à soutenir l’armée nigériane, qu’il considère comme l’une des plus efficaces de la région.
S’agissant de l’appui américain dans la lutte contre Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et les menaces maritimes dans le golfe de Guinée, Langley a rappelé que l’assistance d’AFRICOM se fait uniquement à la demande des États concernés et dans le cadre des intérêts stratégiques des États-Unis. Il a insisté sur le fait que les États-Unis respectent la souveraineté nationale et agissent « avec et non pour » leurs partenaires africains.
Le commandant d’AFRICOM a également mis en avant les relations étroites avec le Nigéria, citant ses visites à Abuja et les différentes formes d’assistance sécuritaire apportées, allant de la vente d’équipements militaires à la formation au droit des conflits armés, en passant par l’échange de renseignements. Il a salué le rôle de leadership régional du Nigéria, notamment par son engagement dans l’exercice maritime multinational Obangame Express.
AC/Sf/APA






