Signée à titre personnel par les participants à la table ronde présidentielle organisée dans le cadre de l’Elevate Africa Convening 2026, la Déclaration d’Accra appelle notamment les États et institutions ayant tiré profit de la traite transatlantique des esclaves à engager des démarches de réparation.
Celles-ci pourraient prendre la forme d’excuses officielles, de restitution des biens culturels et des dépouilles ancestrales, d’ouverture des archives et d’investissements en faveur des populations affectées.
Le document préconise également de faciliter le retour des Africains de la diaspora à travers des mesures relatives à la citoyenneté, à la résidence, à l’accès à la terre et à la reconnaissance des qualifications professionnelles.
Sur le plan économique, les signataires appellent à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), à promouvoir la libre circulation des personnes, des biens et des services et à réduire les obstacles aux échanges entre les pays africains.
Ils préconisent, en outre, de ramener à moins de 3 % les coûts des transferts de fonds des diasporas d’ici à 2030 et encouragent la création d’instruments financiers destinés à mobiliser leurs investissements sur le continent.
La déclaration met également l’accent sur la protection de la propriété intellectuelle des créateurs africains, la souveraineté numérique, la gouvernance de l’intelligence artificielle et une meilleure valorisation des ressources minières et naturelles du continent.
Les signataires s’engagent par ailleurs à promouvoir une gouvernance fondée sur la transparence et la responsabilité publique, ainsi que la participation des jeunes, des femmes et des personnes handicapées aux instances de décision.
Ils invitent les chefs d’État et de gouvernement africains, l’Union africaine (UA), le secrétariat de la ZLECAf et les communautés économiques régionales à soutenir ces engagements et à les traduire dans les politiques nationales et continentales.
Un mécanisme de suivi sera assuré par Elevate Africa, désigné comme secrétariat de la déclaration. Un rapport d’étape devra être élaboré dans les douze mois suivant la signature et présenté lors de la prochaine édition de la rencontre.
Cette initiative s’inscrit dans les échanges engagés à Accra autour de la capacité des Africains à définir eux-mêmes leurs priorités et leurs trajectoires de développement. Les discussions ont notamment porté sur le leadership, la gouvernance, l’intégration économique, la jeunesse, les industries créatives et la contribution de la diaspora au développement du continent.
Lors de l’ouverture, Ogiame Atuwatse III, roi d’Itsekiri au Nigeria, avait appelé les dirigeants à mesurer leur héritage à l’aune des opportunités qu’ils transmettent aux générations futures. Les interventions ont également souligné la nécessité de mieux valoriser les talents africains, de faciliter leur accès aux financements et aux marchés et de protéger les créations culturelles du continent.
La rencontre d’Accra constituait la troisième édition de ce rendez-vous annuel, après celles organisées à Abuja en 2024, sous le thème « L’Afrique que nous voyons », et à Gaborone en 2025. La prochaine édition est annoncée à Freetown, en Sierra Leone, en 2027.





