En Afrique subsaharienne, l’accès à une énergie fiable demeure l’un des principaux catalyseurs de la productivité et du développement du tissu micro-économique. Au Niger, où seuls 23 % de la population avaient accès à l’électricité en 2024, le Projet d’accélération de l’accès à l’électricité (Haské) est en train de redéfinir les modes de production et de booster les revenus en milieu rural.
Entre janvier et octobre 2026, plus d’un million de personnes ont été raccordées au réseau ou connectées à des solutions décentralisées dans le cadre de la première phase de ce programme doté de 317,5 millions de dollars. Au-delà de l’éclairage domestique, l’initiative portée par le gouvernement et soutenue par la Banque mondiale vise en priorité l’usage productif de l’énergie pour dynamiser l’emploi local.
Dans la région de Maradi, l’électrification modifie en profondeur la viabilité des petites entreprises rurales. À Bamou, des artisans comme le forgeron Issaka Bakoye constatent un gain de productivité immédiat : le temps d’exécution de ses travaux a été divisé par cinq, lui permettant de diversifier ses prestations vers la soudure et de faire passer ses gains quotidiens de 2 000-3 000 FCFA à plus de 5 000 FCFA. De même, la disponibilité de l’énergie permet l’émergence d’activités commerciales secondaires, notamment dans la conservation et la vente de produits frais, renforçant la résilience financière des ménages.
En combinant l’extension du réseau national, des mini-réseaux solaires et des solutions autonomes, Haské répond aux contraintes de la dispersion géographique du Niger. Ce dispositif s’inscrit dans l’initiative continentale « Mission 300 », portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). D’ici 2027, le projet ambitionne de connecter 2,5 millions de Nigériens et de consolider l’inclusion économique de plus de 500 000 réfugiés et membres des communautés d’accueil.
TE/Sf/APA





