À New York, la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Maimouna Dièye, a souligné la nécessité d’une réponse coordonnée entre institutions, services sociaux et communautés face aux obstacles persistants qui freinent le recours des victimes aux mécanismes judiciaires.
Le Sénégal a plaidé, lundi à New York, pour un renforcement de l’approche multisectorielle afin d’améliorer l’accès des femmes à la justice, insistant sur la coordination entre acteurs institutionnels, communautaires et partenaires internationaux.
S’exprimant lors d’un événement parallèle à la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), Maimouna Dièye a déclaré : « Le renforcement de l’approche multisectorielle s’impose, tout comme la responsabilisation des acteurs à tous les niveaux d’intervention, y compris la réponse communautaire. »
Selon la ministre, malgré des avancées notables, les femmes ne disposent encore que de 64 % des droits légaux accordés aux hommes. Nombre d’entre elles continuent ainsi de faire face à des obstacles majeurs pour accéder à la justice. Elle a évoqué des contraintes « d’ordre économique, social, géographique et institutionnel » qui limitent le recours des victimes aux mécanismes judiciaires.
« La peur de la stigmatisation, la pression familiale ou encore la volonté de préserver l’honneur du foyer réduisent trop souvent les femmes au silence », a-t-elle déploré, pointant également la dépendance financière et l’éloignement des juridictions comme des freins importants.
Dans ce contexte, Mme Dièye a insisté sur l’importance d’une action concertée impliquant les secteurs de la justice, de la santé, de la sécurité et du social, ainsi que les organisations de la société civile et les communautés de base.
Elle a salué les efforts déjà engagés par le Sénégal, notamment à travers « la vulgarisation des droits des femmes », la mise en place de structures d’accueil et de lignes d’assistance, ainsi que la formation des magistrats, des forces de défense et de sécurité et du personnel de santé à une approche sensible au genre.
Cependant, « en dépit de tous ces efforts, les défis persistent », a-t-elle reconnu, appelant à « agir avec détermination, avec cohérence et avec humanité ».
La ministre a réaffirmé l’engagement des autorités sénégalaises à renforcer la protection des femmes victimes de violences. « Nous devons faire de l’accès à la justice une exigence morale, un marqueur de l’égalité », a-t-elle déclaré.
« Je réaffirme ici l’engagement ferme du Gouvernement à ne laisser aucune femme seule face à la violence et aux pratiques injustes », a-t-elle insisté.
L’événement a réuni plusieurs responsables gouvernementaux africains, des représentants des Nations Unies et des acteurs de la société civile, autour des stratégies visant à améliorer l’accès des femmes et des filles à la justice dans un contexte mondial marqué par des inégalités persistantes.
ARD/te/Sf/APA







