Le 23 mai renvoie dans l’histoire africaine aux mémoires de la colonisation, des luttes de libération et des recompositions politiques du continent, entre la mort en exil de la dernière reine de Madagascar et le retour de l’Afrique du Sud démocratique au sein des institutions africaines après la fin de l’apartheid.
Le 23 mai 1917, Ranavalona III, dernière souveraine du royaume de Madagascar, meurt à Alger à l’âge de 55 ans après vingt années d’exil imposé par la France coloniale. Couronnée en 1883, elle avait régné durant les dernières années d’indépendance de la monarchie malgache avant l’expédition militaire française de 1895 et l’annexion de l’île en 1896. Déposée en février 1897, elle est successivement envoyée à La Réunion puis en Algérie française, où elle vivra jusqu’à sa mort. Ses restes ne seront rapatriés à Antananarivo qu’en 1938. Dans la mémoire malgache, Ranavalona III demeure associée à la disparition de la souveraineté monarchique et à la résistance symbolique à la domination coloniale.
Le 23 mai 1994, l’Afrique du Sud rejoint officiellement l’Organisation de l’unité africaine (OUA), quelques jours après l’investiture de Nelson Mandela comme premier président noir du pays. Exclu politiquement du continent durant des décennies en raison du régime d’apartheid, le pays réintègre alors pleinement les institutions africaines. Cette adhésion symbolise l’aboutissement du long combat diplomatique et politique mené contre l’apartheid depuis la création de l’OUA en 1963.
Le 23 mai 1991 correspond également à la phase finale de la prise d’Asmara par le Front populaire de libération de l’Érythrée (EPLF), au terme d’une guerre d’indépendance de trente ans contre le pouvoir éthiopien. Les combattants érythréens encerclent alors pratiquement totalement la capitale avant leur entrée officielle le 24 mai, devenue depuis fête nationale en Érythrée.
Le 23 mai 1973 s’inscrit dans les dernières étapes de la guerre d’indépendance de la Guinée-Bissau. À cette période, les forces du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), fondé par Amílcar Cabral, contrôlent déjà une grande partie du territoire face à l’administration coloniale portugaise, quelques mois avant la proclamation unilatérale d’indépendance.
Dans l’Algérie coloniale, le 23 mai 1945 intervient au cours de la poursuite de la répression consécutive aux massacres de Sétif et Guelma. Arrestations, opérations militaires et violences coloniales continuent alors dans l’Est algérien, dans un épisode considéré comme l’un des tournants du nationalisme algérien moderne.
Le 23 mai reste enfin associé aux transformations politiques de l’Afrique australe à la fin de la guerre froide. En 1988, les négociations diplomatiques autour des conflits en Angola et en Namibie progressent discrètement entre Cuba, l’Afrique du Sud, l’Angola et les États-Unis, préparant les accords qui ouvriront la voie à l’indépendance namibienne en 1990.
Sf/APA






