Le 17 janvier occupe une place singulière dans l’histoire africaine. À travers les siècles, cette date a été marquée par des événements politiques, militaires et symboliques majeurs, allant de l’Éthiopie impériale au Congo post-indépendance, en passant par l’Afrique australe et le Soudan.
Le 17 janvier 1961 demeure l’un des jours les plus tragiques de l’histoire contemporaine du continent. Ce jour-là, Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo indépendante, est assassiné au Katanga avec ses compagnons Maurice Mpolo et Joseph Okito. Cet assassinat, survenu dans le contexte de la crise congolaise, a profondément marqué l’Afrique. Des enquêtes et travaux historiques ont établi l’implication directe d’acteurs congolais sécessionnistes, avec des responsabilités et complicités étrangères, notamment belges, tandis que le rôle exact des États-Unis demeure un sujet d’analyse et de débat historiographique. En République démocratique du Congo (RDC), le 17 janvier est consacré à la mémoire des héros nationaux et reste indissociable de la figure de Patrice Lumumba.
Quarante ans jour pour jour après l’assassinat de Lumumba, le 17 janvier 2001, Joseph Kabila accède à la présidence de la République démocratique du Congo ( RDC), au lendemain de l’assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila, survenu le 16 janvier. Cette accession au pouvoir renforce la charge symbolique du 17 janvier dans l’histoire politique congolaise.
Bien avant ces événements, le17 janvier avait déjà été marqué par des confrontations militaires majeures.
Le 17 janvier 1608, l’empereur Susenyos Ier d’Éthiopie remporte la bataille d’Ebenat contre une armée Oromo. Les chroniques impériales rapportent des pertes considérables du côté adverse, illustrant la violence des conflits et l’affirmation du pouvoir impérial éthiopien au début du XVIIᵉ siècle.
Le 17 janvier 1885, au Soudan, la bataille d’Abu Klea oppose les forces britanniques aux combattants mahdistes dans le cadre de l’expédition visant à secourir le général Charles Gordon. Bien que victorieuse, cette bataille met en lumière la résistance africaine face à l’avancée coloniale européenne.
Plus tôt encore, le 17 janvier 1852, la Convention de Sand River est signée entre le Royaume-Uni et les autorités boers, reconnaissant l’indépendance de la République sud-africaine du Transvaal au nord de la rivière Vaal, un jalon déterminant de l’histoire politique de l’Afrique australe.
Le 17 janvier a également vu naître des figures emblématiques dont l’influence a dépassé les frontières du continent. Le 17 janvier 1940 naît Kipchoge Keino, athlète kényan et pionnier de l’athlétisme africain sur la scène internationale, double champion olympique. Le 17 janvier 1942 naît Muhammad Ali, de son vrai nom Cassius Marcellus Clay Jr., boxeur légendaire et figure mondiale de la lutte pour les droits civiques, dont l’engagement a profondément résonné en Afrique et dans la diaspora noire.
Enfin, la date du 17 janvier est aussi associée à la disparition de personnalités engagées. Le 17 janvier 1988 s’éteint Percy Qoboza, journaliste et intellectuel sud-africain reconnu pour son combat contre l’apartheid. Le 17 janvier 2013 disparaît John Nkomo, homme politique zimbabwéen et vice-président du Zimbabwe, acteur majeur de la vie politique de son pays.
Sf/APA







