Le 12 juin occupe une place singulière dans l’histoire de l’Afrique et de ses diasporas. Cette date est associée à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, à l’affirmation de l’identité nationale namibienne, à un précédent judiciaire en République centrafricaine et à l’élection présidentielle la plus emblématique de l’histoire du Nigeria.
Le 12 juin 1964, la justice sud-africaine condamne à la prison à vie Nelson Mandela et plusieurs dirigeants de l’ANC au terme du procès de Rivonia. Le jugement prononcé par le juge Quartus de Wet marque un tournant dans la lutte contre l’apartheid. Loin de réduire au silence le mouvement de libération, l’incarcération de Mandela contribue à faire de lui un symbole mondial de la résistance au régime ségrégationniste sud-africain.
Quatre ans plus tard, le 12 juin 1968, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution 2372 (XXII), par laquelle le territoire alors connu sous le nom d’« Afrique du Sud-Ouest » est officiellement désigné sous le nom de « Namibie ». Cette décision renforce la légitimité internationale de la lutte pour l’indépendance du territoire administré par Prétoria et constitue une étape importante vers l’accession du pays à la souveraineté en 1990.
Le 12 juin 1987, à Bangui, l’ancien empereur centrafricain Jean-Bedel Bokassa est condamné à mort pour complicité d’assassinats et détournement de fonds publics après plusieurs mois de procès. L’ancien dirigeant est en revanche acquitté des accusations de cannibalisme faute de preuves. Sa peine sera ensuite commuée en réclusion à perpétuité avant d’être réduite dans les années suivantes. Ce procès demeure l’un des premiers grands jugements d’un ancien chef d’État africain devant une juridiction nationale.
Le 12 juin 1993 reste toutefois la date la plus emblématique pour des millions de Nigérians. Ce jour-là, les électeurs participent à une présidentielle remportée par Moshood Kashimawo Olawale (MKO) Abiola avec 58,36 % des suffrages contre 41,64 % pour Bashir Tofa. Considéré comme le scrutin le plus libre et le plus transparent de l’histoire du pays, il est annulé quelques jours plus tard par le régime militaire du général Ibrahim Babangida, provoquant une profonde crise politique.
La mémoire de cette élection continue de structurer la vie politique nigériane. En 2018, le président Muhammadu Buhari a décidé de transférer la célébration du Democracy Day du 29 mai au 12 juin afin d’honorer MKO Abiola et le combat pour le retour à la démocratie. Le Nigéria célèbre ainsi, ce 12 juin 2026, le 33e anniversaire d’un scrutin devenu le symbole de la souveraineté populaire dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Dans les diasporas africaines, le 12 juin évoque également l’assassinat, en 1963 aux États-Unis, du militant afro-américain Medgar Evers, figure du mouvement des droits civiques dont la disparition contribua à accélérer la mobilisation contre la ségrégation raciale.
Sf/APA







