Une compagnie d’aviation d’affaires opérant depuis l’Europe fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour des violations présumées de l’embargo sur les armes imposé à la Libye, selon la presse française.
Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon visant une compagnie aérienne privée spécialisée dans les vols vers des zones sensibles, soupçonnée d’avoir enfreint l’embargo sur les armes imposé à la Libye depuis 2011, a rapporté le quotidien français Challenges dans une enquête publiée le 8 janvier.
Les investigations portent sur la société Harmony Jets, basée à Malte et active dans l’aviation d’affaires à destination de régions marquées par des conflits armés.
Selon le journal, l’enquête a été confiée à l’Office national antifraude (ONAF) et concerne des faits présumés de contournement de l’embargo décrété par les Nations Unies à l’encontre de la Libye. Harmony Jets est dirigée par un ancien pilote français, Pierre-Olivier Édouard, âgé de 57 ans, qui a déclaré n’avoir « connaissance d’aucun problème » concernant son entreprise.
Les soupçons ont été renforcés par la saisie présumée d’un drone à l’aéroport de Lyon-Bron, à bord d’un avion de type Falcon exploité par la compagnie, selon Challenges. La société effectuerait, d’après la même source, des vols réguliers vers Benghazi depuis 2018, une ville de l’est libyen sous contrôle des forces du maréchal Khalifa Haftar.
Le nom de Harmony Jets apparaît également dans un rapport publié en décembre 2024 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, via son Groupe d’experts sur la Libye. Ce document fait état d’activités de la société paramilitaire irlandaise ETS, impliquée dans la formation et la fourniture d’équipements de protection individuelle à des forces affiliées à Khalifa Haftar. Le rapport onusien évoque l’utilisation de réseaux aériens privés pour l’acheminement de personnels et de matériels vers le territoire libyen.
D’après Challenges, plusieurs experts estiment que des individus qualifiés de « mercenaires » auraient utilisé les avions de Harmony Jets pour entrer en Libye. La compagnie a cependant démenti toute implication, affirmant ne pas avoir réalisé de vols pour ETS ni transporté d’armes ou de marchandises dangereuses. Elle a en revanche refusé de transmettre les listes de passagers, invoquant des obligations de confidentialité.
Interrogé sur la procédure en cours à Lyon, Pierre-Olivier Édouard a assuré que sa société jouissait d’une solide réputation et qu’elle collaborait depuis de nombreuses années avec diverses organisations gouvernementales européennes. L’enquête se poursuit afin de déterminer si les opérations de la compagnie ont contrevenu aux sanctions internationales visant la Libye.
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