Au moins 189 enfants ont perdu la vie lors de la dernière flambée d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où des milliers d’autres souffrent de traumatismes psychologiques après avoir été confrontés à la maladie et à la perte de proches, a alerté jeudi l’organisation Save the Children.
Selon les dernières données du ministère congolais de la Santé, 476 enfants ont été confirmés infectés depuis le début de l’épidémie d’Ebola, déclarée officiellement le 15 mai dernier. Les 189 décès enregistrés représentent plus de 20 % de l’ensemble des décès confirmés liés au virus.
Dans la province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie, Save the Children accompagne actuellement plus de 4 000 enfants à travers des services de santé mentale et de soutien psychosocial. L’organisation a mis en place plus de 18 espaces permanents et mobiles adaptés aux enfants, où ceux-ci participent à des activités de lecture, de dessin, de chant, de jeux, de modelage ou encore de relaxation afin de les aider à surmonter les traumatismes liés à l’épidémie.
Les équipes humanitaires rapportent que la peur de la contamination modifie profondément les comportements des enfants, dont beaucoup évitent désormais les contacts physiques et les interactions rapprochées. L’organisation souligne également que de nombreux mineurs ont été séparés de leurs parents ou tuteurs à la suite de maladies, de décès, d’isolement ou de déplacements, nécessitant parfois une prise en charge temporaire.
L’inquiétude grandit également à l’approche de la rentrée scolaire prévue en septembre, alors que de nouveaux cas continuent d’être signalés. Pour les enfants déjà affectés par les conflits armés dans l’est de la RDC, cette nouvelle crise sanitaire accentue les sentiments de peur, d’anxiété et de désespoir.
« Les enfants de l’Ituri portent un immense fardeau émotionnel. Beaucoup ont été témoins de violences, ont perdu des proches à cause de l’épidémie d’Ebola ou ont vécu plusieurs déplacements forcés. Les espaces adaptés aux enfants leur offrent un environnement sûr où ils peuvent s’exprimer, retrouver confiance en eux et simplement redevenir des enfants », a déclaré le Dr Babou Rukengeza, responsable de la riposte contre Ebola pour Save the Children en RDC.
Il a insisté sur l’importance d’un accompagnement psychosocial assuré par des adultes référents afin de limiter les conséquences durables de ces traumatismes sur le développement, le bien-être et la santé mentale des enfants.
Face à des besoins jugés largement supérieurs aux ressources disponibles, Save the Children appelle la communauté internationale à renforcer les financements consacrés à la protection de l’enfance, aux services de santé mentale et au soutien psychosocial dans l’est de la RDC.
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