Une jeune chienne présentant des signes évocateurs du ver de Guinée a été placée sous surveillance dans le district sanitaire de Tominian, au centre du Mali, où les services de santé recherchent l’origine de l’infection présumée, dans un contexte marqué par l’absence de cas humains depuis 2024, mais la persistance de contaminations animales.
L’alerte a été donnée le 11 octobre, après l’apparition de plaies et de gonflements sur les pattes antérieures de l’animal, âgé d’environ un an. Deux jours plus tard, des fragments ressemblant à un ver ont été observés sur sa patte droite. Un prélèvement a alors été effectué et transmis au laboratoire national pour identification.
Aucune confirmation biologique n’avait encore été annoncée mercredi. Selon un rapport d’investigation daté du 14 octobre, il s’agit du premier cas animal suspect signalé en 2026 dans le district sanitaire de Tominian.
Les investigations portent notamment sur le parcours de la chienne, arrivée en juillet dans le village de Dimikuy, relevant de l’aire de santé de Moniso. Les premières informations recueillies indiquent que l’animal aurait été acheté auprès d’un marchand de chiens, qui l’aurait obtenu lors de déplacements dans le district sanitaire de Markala.
Les services sanitaires de Tominian et de Markala cherchent à retracer son itinéraire afin de déterminer l’origine éventuelle de l’infection. L’hypothèse d’une contamination avant son arrivée à Dimikuy reste à vérifier.
La chienne a été isolée afin d’éviter tout contact avec les points d’eau. Trois mares ont été recensées dans le village et ses environs. L’une était déjà asséchée au moment de l’enquête, tandis que des mesures de traitement ont été engagées pour les autres.
Le rapport relève également la panne d’une pompe à motricité humaine, qui limite l’accès des habitants à une source d’eau protégée. En raison de l’insécurité dans la zone, l’équipe du district sanitaire n’a pas pu se rendre directement sur place, et a apporté un appui à distance aux agents chargés des investigations et de la sensibilisation.
Les interventions mobilisent les services de santé humaine et animale dans le cadre de l’approche « Une seule santé », qui prend en compte les interactions entre les humains, les animaux et leur environnement.
Le Mali n’a enregistré aucun cas humain de ver de Guinée en 2024 et en 2025. Les infections animales ont également reculé, passant de 46 cas en 2023 à 28 en 2024, puis à 17 en 2025.
Provoquée par le parasite Dracunculus medinensis, la maladie peut toucher aussi bien les humains que les animaux. Son éradication nécessite donc d’interrompre la transmission dans les deux populations.
À l’échelle mondiale, dix cas humains ont été signalés en 2025, selon les données rapportées dans le document. Le Mali poursuit ainsi ses efforts de surveillance et d’éradication, alors que la persistance des infections animales constitue un défi pour empêcher la réapparition de cas humains.
MD/te/Sf/APA





