L’opérateur Orange Côte d’Ivoire a ouvert ce mardi 27 octobre 2026 la 14e édition des Orange Ethics & Compliance Days. Consacré à l’éthique à l’ère de l’Intelligence artificielle (IA), cet événement de deux jours rassemble experts, dirigeants, institutions et étudiants autour d’un objectif crucial : structurer un cadre éthique et d’utilisation pour encadrer cette révolution technologique en Côte d’Ivoire.
Au-delà des simples enjeux de gouvernance, l’éthique s’impose désormais comme un levier essentiel de confiance pour sécuriser l’économie, renforcer la transparence et garantir un environnement des affaires durable. Alors que l’IA dope la productivité et redéfinit les métiers, les décideurs ivoiriens s’accordent sur l’urgence d’y intégrer des garde-fous rigoureux.
Stéphane Kounandi Coulibaly, directeur de l’Innovation, des startups et du secteur privé au ministère de la Transition numérique et de la digitalisation, a, dans son intervention à un panel, préconisé une approche structurée et responsable.
« Quand la voiture a été inventée, il n’y avait pas de code de la route. Les accidents ont conduit à en ériger un qui permet de circuler en toute sécurité. Pour l’IA, on doit établir un code d’éthique et d’utilisation », a déclaré Stéphane Kounandi Coulibaly.
Innover sans perdre le contrôle humain
Si l’outil ouvre des perspectives majeures, notamment pour les startups, le mot d’ordre reste de « toujours garder la main ». Parmi les pistes concrètes évoquées lors des échanges figure d’ailleurs l’obligation d’un marquage (watermarking) sur les images générées par IA afin de dissocier efficacement le faux du vrai.
Face à cette vague technologique, Orange Côte d’Ivoire a choisi l’anticipation. L’opérateur a développé Live Intelligence, un agrégateur de solutions IA, ainsi que Lefar Assistant compliance, un outil conçu pour conseiller ses agents, garantir la transparence des activités et protéger les données.
Mamadou Coulibaly, directeur général adjoint d’Orange Côte d’Ivoire, rappelle néanmoins les conditions de ce succès : « L’IA peut nous assister certes, mais la responsabilité de nos décisions nous incombe. »
Il a insisté sur la nécessité de développer des compétences locales pour concevoir nos propres IA en Côte d’Ivoire et sur le continent, tout en cultivant un fort discernement pour vérifier la véracité des résultats algorithmiques.
Les risques liés aux usages officieux de l’IA inquiètent également les autorités. Fitzgerald Bony, directeur adjoint de l’Innovation, de l’IA et de la digitalisation, soutient qu’il faut rapidement adopter une charte de l’IA afin de situer clairement les responsabilités en cas d’actes portant trouble à l’ordre public ou à la sûreté des institutions.
L’éthique comme boussole et non un frein
De son côté, Patrick N’Doua, représentant de la direction du Système d’information de l’opérateur, a martelé que les principes de confidentialité, d’équité et de fiabilité doivent être intégrés dès la conception même des projets technologiques : « L’IA nous donne la puissance, l’éthique nous donne la direction. »
Ce besoin de repères moraux est pleinement partagé par la Haute autorité de la bonne gouvernance (HABG). Son secrétaire général, Oumar Doh Diamoutene, avertit que sans socle moral, toute puissance technologique devient un danger.
« L’éthique n’est pas un frein au progrès. Nous devons accueillir l’IA avec audace, mais la gouverner avec une vigilance absolue », résume le secrétaire général de la HABG. L’enjeu des prochaines années sera donc de concilier performance algorithmique et intégrité humaine pour faire de l’IA un véritable moteur de développement durable.
AP/APA





