La Gambie transforme progressivement sa prise en charge du VIH grâce à un modèle de soins plus accessible, personnalisé et intégré, mis en œuvre par le ministère de la Santé avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Selon l’OMS qui soutient la Gambie dans ce domaine, se rendre dans un centre de santé pour bénéficier de services liés au VIH ne constitue plus une étape complexe. Les patients profitent désormais d’une prise en charge adaptée à leurs besoins, grâce à une offre de services différenciée visant à rapprocher les soins des communautés et à simplifier le parcours thérapeutique.
Environ 30 % des personnes vivant avec le VIH en Gambie ne débutent pas immédiatement leur traitement, principalement en raison de l’éloignement des structures de santé, de la fragmentation des services ou de difficultés d’accès. La nouvelle approche entend lever ces obstacles en adaptant les soins au profil de chaque patient.
Le pays compte près de 25 000 personnes vivant avec le VIH. Plus des deux tiers connaissent leur statut sérologique. Parmi les personnes diagnostiquées, environ 70 % suivent un traitement antirétroviral et près de 55 % ont atteint une suppression virale.
Longtemps centrés sur la prévention de la transmission mère-enfant (PTME), les services de lutte contre le VIH sont désormais intégrés dans 77 établissements de santé, élargissant ainsi l’accès au dépistage, au traitement et au suivi.
Afin d’améliorer la qualité des soins, le ministère de la Santé, en partenariat avec l’OMS et l’ONUSIDA, a organisé en mai 2026 une formation de trois jours au profit de 60 agents de santé et conseillers communautaires. Les participants ont été formés aux services différenciés, à la distribution communautaire des traitements, au soutien à l’observance thérapeutique, au suivi de la charge virale et à la lutte contre la stigmatisation.
Grâce à cette réforme, les établissements proposent désormais des soins plus flexibles et centrés sur le patient, avec notamment des traitements délivrés pour plusieurs mois, un accompagnement renforcé et une meilleure utilisation des données médicales.
Cette évolution s’est traduite par une diminution des rendez-vous manqués, une meilleure continuité des soins, des cliniques moins encombrées et des temps d’attente réduits. Des horaires élargis, incluant les week-ends et des consultations prolongées, permettent également aux patients de poursuivre leur traitement sans perturber leurs activités quotidiennes.
« Ce qui nécessitait auparavant des consultations séparées est désormais intégré aux services de routine », explique Omar Dampha, responsable du centre de santé de Brufut, dans la région de la Côte Ouest.
Selon lui, cette organisation rend les soins « plus discrets, plus pratiques et plus faciles d’accès », tout en réduisant les coûts de transport pour les patients vivant loin des centres de santé.
« À ce jour, nous n’avons enregistré aucun abandon de traitement parmi les patients inscrits », souligne-t-il.
Le modèle de prestation différenciée a été introduit au centre de santé de Brufut en octobre 2025. En mai 2026, quinze patients y étaient suivis selon cette approche.
Pour Binta Jallow, infirmière en chef du centre, les bénéfices sont déjà perceptibles. « Les soins sont désormais organisés de manière à ce que les patients reçoivent des conseils et un traitement lors d’une seule visite », indique-t-elle, estimant que cette organisation a simplifié le parcours des patients tout en allégeant la charge de travail du personnel.
Rohey Sarr, agente de santé dans le même établissement, insiste sur l’impact de cette évolution sur la confiance des patients.
« Lorsque les patients sentent que leur vie privée est respectée et qu’ils sont traités avec dignité, ils sont plus enclins à revenir et à poursuivre leur traitement », affirme-t-elle.
Entre octobre 2025 et mars 2026, plus de 1 000 personnes ont commencé un traitement contre le VIH grâce à cette approche. Parmi elles, 85 % débutaient une thérapie antirétrovirale pour la première fois, tandis que les autres étaient des mères inscrites au programme de prévention de la transmission mère-enfant.
Pour le représentant de l’OMS en Gambie, le Dr Nathan Bakyaita, cette réforme illustre les bénéfices d’une approche centrée sur les patients.
« Lorsque les services de lutte contre le VIH sont conçus en fonction des besoins des personnes plutôt que de ceux du système, les obstacles aux soins commencent à disparaître. La différenciation des services permet aux patients d’accéder au traitement avec plus de dignité, de facilité et de continuité, améliorant ainsi leur qualité de vie », a-t-il déclaré.
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