La lutte pour la préservation des ressources hydriques franchit un nouveau palier critique dans la capitale politique ivoirienne. En raison des activités d’extraction aurifère illégale, la SODECI a été contrainte d’interrompre la production de l’usine de Zambakro (centre), entraînant d’importantes perturbations dans la ville.
L’alerte a été donnée ce vendredi 17 avril 2026 à la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI). L’usine de production d’eau potable de Zambakro, maillon essentiel de l’alimentation de la région, a dû suspendre temporairement ses activités.
En cause : une turbidité extrême de l’eau brute, rendant tout traitement impossible selon les normes sanitaires en vigueur. Ce phénomène est la conséquence directe de l’orpaillage clandestin pratiqué en amont, qui sature les cours d’eau en sédiments et particules fines.
Fidèle à ses protocoles de qualité, la SODECI a choisi la prudence. « Les opérations resteront stoppées jusqu’à ce que des analyses approfondies confirment que les paramètres physico-chimiques permettent un traitement en toute sécurité », précise l’entreprise.

Cette décision, bien qu’essentielle pour la santé publique, impacte directement les ménages : des perturbations dans l’approvisionnement sont annoncées dans le District de Yamoussoukro pour les 17 et 18 avril 2026.
Le problème est loin d’être isolé. L’orpaillage clandestin dégrade durablement les sols et utilise souvent des produits chimiques toxiques. Avec l’arrivée de la saison des pluies, la situation s’aggrave : les eaux de ruissellement transportent massivement les polluants et les terres remuées vers les points de captage, compliquant davantage le travail des techniciens.
Si les équipes de la SODECI sont mobilisées pour rétablir le service dans les plus brefs délais, cet incident tire la sonnette d’alarme sur la fragilité de nos écosystèmes. Au-delà des solutions techniques, l’entreprise souligne l’urgence d’une réponse concertée pour endiguer ce fléau.
Le combat contre l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire n’est plus seulement une question de légalité, mais un enjeu de survie pour garantir un accès pérenne à une eau de qualité pour toutes les populations de la région.
AP/Sf/APA







