Plus de 130 jours après le début de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la circulation du virus reste active, avec une évolution contrastée selon les provinces. Si le nombre de cas est en baisse en Ituri et dans le Haut-Uele, il connaît une forte progression au Nord-Kivu, tandis que l’apparition de cas à Dungu, dans le Haut-Uele, à proximité du Soudan du Sud, suscite des inquiétudes quant au risque de propagation transfrontalière.
Selon les données des autorités sanitaires congolaises arrêtées au 21 septembre, 7 733 cas confirmés et 3 732 décès, dus à l’épidémie d’Ebola, ont été enregistrés dans sept provinces et 63 zones de santé. Au total, 1 935 patients ont été déclarés guéris, alors que 839 personnes restent en isolement ou hospitalisées.
Des tendances contrastées selon les provinces
Entre le 31 août et le 20 septembre, le nombre de cas a diminué de 26 % en Ituri et de 15 % dans le Haut-Uele. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère ces évolutions comme des signes encourageants dans la lutte contre l’épidémie.
La tendance est cependant différente au Nord-Kivu, où le nombre de cas a progressé de 73 % au cours de la même période.
« Cela montre clairement que l’épidémie continue d’évoluer différemment selon les zones touchées », a déclaré la Dre Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences sanitaires à l’OMS Afrique.
L’apparition de cas à Dungu, dans le Haut-Uele, constitue également un point de vigilance en raison de la proximité de cette zone avec la frontière du Soudan du Sud. L’OMS recommande le maintien d’un niveau élevé de préparation afin de réduire le risque d’extension de la maladie vers les pays voisins.
Les décès survenus dans les communautés inquiètent
La détection tardive des personnes infectées demeure l’un des principaux défis de la riposte. Environ un tiers des nouveaux cas sont identifiés après le décès du patient, en dehors des centres de traitement Ebola.
Cette situation est particulièrement préoccupante au Nord-Kivu, où une proportion importante des nouveaux cas est associée à des décès survenus au sein des communautés.
Selon l’OMS, ces décès non diagnostiqués à temps accroissent le risque de transmission au sein des familles, auprès des agents de santé et lors des rites funéraires.
Les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les groupes les plus vulnérables. Alors que les adultes représentent la majorité des cas confirmés, le taux de létalité dépasse 60 % chez les enfants de moins de cinq ans, contre environ 40 % chez les adultes.
La Dre Catherine Smallwood, gestionnaire de l’incident Ebola pour l’OMS en RDC, insiste sur la nécessité d’améliorer la détection précoce chez les jeunes enfants, dont les symptômes peuvent être difficiles à reconnaître.
Des chaînes de transmission encore difficiles à retracer
L’OMS signale par ailleurs une proportion importante de nouvelles infections pour lesquelles aucun lien épidémiologique n’a été établi. Cette situation complique le suivi des chaînes de transmission et renforce la nécessité d’une surveillance accrue.
Les capacités de prise en charge ont toutefois été renforcées. L’OMS et ses partenaires disposent désormais de près de 1 400 lits de traitement et d’isolement, répartis dans 49 centres de traitement Ebola, ainsi que de 25 laboratoires capables d’effectuer jusqu’à 3.500 tests par jour.
Le suivi des contacts couvre pour sa part près de 88 % des personnes concernées.
La riposte s’appuie également sur les communautés, notamment à travers la surveillance locale des maladies, la collaboration avec les prestataires de santé privés et les guérisseurs traditionnels, ainsi que le programme d’alerte « Taximoto » en Ituri, destiné à accélérer le signalement des cas suspects.
La surveillance reste de mise
Pour l’OMS, les prochaines semaines seront déterminantes pour la riposte. Les autorités sanitaires doivent notamment consolider la baisse observée en Ituri et dans le Haut-Uele, renforcer les interventions au Nord-Kivu et améliorer la détection précoce des cas.
Une attention particulière reste également nécessaire aux frontières, notamment dans les zones proches du Soudan du Sud.
L’épidémie d’Ebola s’est progressivement étendue à plusieurs provinces de la RDC, obligeant les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux à renforcer les opérations de surveillance, de vaccination, de prise en charge des malades et de suivi des contacts.
La persistance de transmissions au sein des communautés, les difficultés d’accès aux soins et la détection tardive de certains patients continuent toutefois de compliquer les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission.
La situation demeure ainsi contrastée, avec des signes de recul dans certaines provinces et une progression des cas dans d’autres. L’OMS appelle à maintenir les efforts de surveillance et de prise en charge afin de consolider les progrès enregistrés.
DM/te/Sf/APA





