Le président tunisien Kaïs Saïed a mis fin aux fonctions du directeur général de l’Institut tunisien des études stratégiques ( ITES), sans fournir d’explication officielle sur les raisons de cette décision.
Le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, a décidé mardi 10 février 2026 de démettre Sami Ben Jennet de ses fonctions de directeur général de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES). L’annonce a été rendue publique sans qu’aucun communiqué détaillé ne précise les motifs de cette révocation ni l’identité d’un éventuel successeur.
L’ITES, structure rattachée à la présidence de la République, est chargé de produire des analyses prospectives et stratégiques sur les grandes orientations nationales. Sa direction relève donc directement de la sphère présidentielle. En l’absence d’éléments officiels sur les raisons du limogeage, la décision alimente des interrogations sur la stabilité des institutions consultatives placées sous l’autorité du chef de l’État.
Depuis 2021, la présidence tunisienne a procédé à plusieurs changements à la tête d’organismes publics et de structures administratives, dans un contexte de reconfiguration institutionnelle marqué par la concentration accrue des pouvoirs exécutifs. Les décisions de révocation, souvent annoncées sans motivations détaillées, suscitent régulièrement des débats au sein de la classe politique et des milieux académiques quant à la gouvernance et à la continuité administrative.
L’absence de communication officielle sur les critères d’évaluation ou les insuffisances éventuelles reprochées au responsable sortant renforce les critiques relatives au manque de transparence dans la gestion des institutions publiques. Certains observateurs estiment que la multiplication des remaniements à des postes stratégiques peut fragiliser la production d’expertise indépendante, particulièrement dans un organisme dédié à l’anticipation et à l’analyse des politiques publiques.
Aucune indication n’a été donnée quant au calendrier de nomination d’un nouveau directeur général ni sur les orientations futures de l’ITES. Cette décision intervient dans un climat politique national marqué par des tensions persistantes entre l’exécutif et plusieurs composantes de la société civile, qui appellent à davantage de clarté institutionnelle et de stabilité dans la conduite des affaires publiques.
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