Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a nommé, par décret n°2154 du 14 août 2026, deux magistrats à la tête de l’Autorité indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC), dans un contexte de fortes tensions entre l’institution anticorruption et la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT).
Nedeou Teubdoyo Gérard, ancien substitut au parquet de N’Djaména, devient Contrôleur général de l’AILC, en remplacement d’Ousmane Abderaman Djougourou. Mahamat Saleh Youssouf Wachoun, ancien procureur, est nommé Contrôleur général adjoint, succédant à Fatimé Abdelkerim Soumaila.
Ces nominations par le président tchadien interviennent quelques jours après un différend entre l’AILC et la SHT autour d’une mission de contrôle menée au sein de l’entreprise pétrolière.
Dans un communiqué publié le 12 août, l’AILC avait dénoncé l’intervention d’agents de l’Agence nationale de Sécurité de l’État (ANSE), affirmant que plusieurs de ses agents avaient été arrêtés, menottés et retenus pendant plusieurs heures. Du matériel, notamment des téléphones et des ordinateurs, aurait également été confisqué.
L’AILC avait en outre accusé un second groupe d’agents de l’ANSE d’avoir tenté de pénétrer dans son siège pour accéder au bureau du Contrôleur général. Elle avait qualifié ces faits d’atteinte à son indépendance et saisi le chef de l’État afin que des mesures pénales, administratives et disciplinaires soient envisagées contre les responsables présumés.
La SHT avait, de son côté, contesté la légalité et les modalités de l’intervention de l’AILC, reprochant notamment à sa Contrôleuse générale adjointe d’avoir effectué une mission le 7 août avec un dispositif qu’elle jugeait « lourdement armé ». L’entreprise avait également dénoncé la « séquestration » de sa directrice commerciale et marketing lors de l’opération.
Malgré ces tensions, l’AILC avait annoncé son intention de poursuivre son contrôle au sein de la SHT afin de faire la lumière sur la gestion des ressources pétrolières et d’établir les responsabilités éventuelles.
Les nouveaux responsables de l’AILC prennent ainsi leurs fonctions dans un contexte sensible, marqué par des interrogations sur l’indépendance et la capacité de l’institution à mener ses missions de contrôle.
CA/Sf/APA







