L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) entend faire des marchés publics un levier de création d’emplois, en particulier pour les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables. Cet objectif est au cœur de l’atelier national de validation d’un guide consacré à l’intégration des dispositions promotrices de l’emploi dans la commande publique, ouvert vendredi à Dakar en partenariat avec l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Réunissant une soixantaine de représentants des administrations publiques, des collectivités territoriales, des organisations d’employeurs et de travailleurs, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts nationaux, la rencontre vise à doter les acteurs de la commande publique d’un outil pratique favorisant des achats publics plus inclusifs et générateurs d’emplois.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur de cabinet du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Amadou Bèye Ndiaye, a insisté sur la nécessité de mesurer concrètement l’impact des investissements publics sur l’emploi.
« L’État investit des ressources importantes dans la commande publique. La question est désormais de savoir combien d’emplois chaque franc public injecté permet de créer », a-t-il déclaré, estimant que cette préoccupation doit désormais être intégrée dans l’évaluation des politiques publiques.
Selon lui, le guide élaboré par l’ARCOP avec l’appui technique de l’OIT permettra de mieux apprécier les retombées des marchés publics sur l’emploi, de renforcer l’inclusion sociale et d’inciter, voire d’obliger, les entreprises attributaires à créer des emplois décents.
Le représentant du ministre a salué une initiative qu’il considère comme « un instrument stratégique au service de l’État et de l’ensemble des acteurs de la commande publique », soulignant qu’elle dépasse le seul cadre de l’ARCOP pour s’inscrire dans la politique nationale de promotion de l’emploi.
Pour le Directeur général de l’ARCOP, Dr Moustapha Djitté, ce guide traduit un véritable changement de paradigme dans la gestion de la commande publique.
« Il ne constitue pas une fin en soi, mais le point de départ d’une nouvelle manière de concevoir la commande publique au service de l’emploi et du développement », a-t-il affirmé.
Selon lui, les marchés publics ne doivent plus être perçus uniquement comme un instrument d’acquisition de biens, de services ou de travaux, mais également comme un levier d’insertion professionnelle des jeunes, des femmes, des personnes vivant avec un handicap et des autres groupes vulnérables.
Dr Djitté a plaidé pour une intégration systématique des clauses sociales dès la préparation des dossiers d’appel d’offres afin que les autorités contractantes puissent prendre en compte les objectifs de création d’emplois dans l’exécution des contrats publics. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des acteurs afin d’assurer une application efficace du nouveau Code des marchés publics.
Rappelant que le chômage des jeunes demeure un défi majeur malgré les différents programmes publics, le Directeur général de l’ARCOP a estimé que la commande publique constitue un levier stratégique susceptible de générer des emplois décents, de soutenir le développement économique et de renforcer la cohésion sociale.
Le guide soumis à validation propose des outils pratiques permettant d’intégrer les clauses sociales dans les procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Élaboré avec l’appui de l’OIT, il s’inscrit dans la mise en œuvre du nouveau Code des marchés publics et répond aux orientations des autorités sénégalaises en faveur d’une meilleure employabilité des jeunes.
À l’issue de l’atelier, les participants devront examiner les observations techniques et juridiques formulées sur le document, intégrer les amendements retenus et adopter une version consensuelle avant sa finalisation et sa diffusion auprès des différents acteurs de la commande publique.
TE/APA







