Le roi Mohammed VI a, dans un Message adressé aux participants au 8e Congrès Mondial des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), ouvert mardi 23 juin à Tanger (nord), défendu la régionalisation adoptée au Royaume, comme un choix stratégique à travers lequel l’Etat tend à moderniser ses structures et à consolider la démocratie locale.
« La Régionalisation avancée dont nous avons posé les fondements au Maroc représente un choix stratégique à travers lequel l’Etat tend à moderniser ses structures, à consolider la démocratie locale, à libérer les potentiels et les énergies, à consacrer le principe d’équité entre les régions et à articuler le développement de chaque territoire avec ses spécificités, ses atouts et les besoins de sa population», a souligné le roi Mohammed VI dans ce message.
Le souverain a affirmé qu’à la faveur de cette vision, la Région se confirme comme un espace propice à la planification stratégique, à la mobilisation de l’investissement, à la stimulation de l’économie locale, et à la poursuite d’une transversalité accrue entre les programmes sectoriels et territoriaux.
Le rôle des préfectures, des provinces et des collectivités s’en est également trouvé renforcé dans le cadre d’une complémentarité institutionnelle fondée sur la libre gestion, la solidarité et la coopération, la reddition des comptes, ajoute le roi Mohammed VI dans ce Message, lu par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.
Le message royal souligne que l’objectif de ce chantier est « la mise en place d’une organisation territoriale innovante qui ne se limite pas à gérer les besoins quotidiens, mais qui se dote des ressources nécessaires pour anticiper les transformations potentielles, encadrer l’investissement, accompagner la transition numérique et écologique, améliorer la qualité des services publics, favoriser l’insertion des jeunes, des femmes et des catégories vulnérables dans la dynamique de développement ».
Le Souverain a rappelé que depuis son accession au Trône il a érigé la réforme territoriale en orientation stratégique clé du projet sociétal et développemental du Maroc, « mû en cela par la ferme conviction qu’un Etat ne doit pas sa modernité uniquement à la solidité de ses institutions centrales, mais aussi à sa capacité à doter ses domaines territoriaux d’un pouvoir de prise d’initiative et de participation, à rendre la décision publique plus accessible aux citoyens, à concevoir le développement territorial comme le fruit d’efforts concertés et complémentaires engageant l’Etat, les collectivités territoriales et le reste des intervenants ».
Le chef de l’Etat a fait observer que l’expérience marocaine en matière de décentralisation et de régionalisation avancée tire sa force du fait qu’elle s’inscrit dans une vision plus large du développement territorial intégré.
« De fait, Nous concevons le domaine territorial comme un terrain propice à la libération des énergies et à la mobilisation des ressources, à la construction de partenariats, à la mise en adéquation des programmes nationaux avec les initiatives locales », a noté le Souverain, soulignant que c’est « en appui à cette orientation qu’il a été procédé au lancement d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré qui traduit une volonté inébranlable de remettre à neuf les méthodes de l’action publique ».
Ce travail, a indiqué le roi, commence par une identification rigoureuse des besoins de la population, l’écoute prêtée aux acteurs locaux, la définition de l’ordre des priorités en fonction de leur impact direct sur la vie des citoyens, notamment dans les secteurs de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de l’eau et de la mise à niveau territoriale.
« Le but recherché est de créer un cadre de vie digne et d’en améliorer les conditions », a affirmé le Souverain, soulignant que l’importance de ces programmes ne réside pas seulement dans le volume ou l’envergure des projets qu’ils portent, mais bien plus encore dans la méthodologie qu’ils instaurent et qui repose sur la concertation, la contractualisation, le suivi, l’évaluation, l’efficience dans l’allocation des ressources ainsi que sur la corrélation entre les objectifs fixés et les résultats escomptés.
Le roi estime enfin que la réussite de la gouvernance territoriale demeure tributaire de la capacité des institutions élues à assumer pleinement leurs rôles, ainsi que du niveau de qualification des élus, du renforcement des mécanismes de concertation et du développement des partenariats entre les différents niveaux de gestion des affaires publiques.
Dans ce message, le roi Mohammed VI a souligné que le Royaume du Maroc continue de faire de la coopération internationale décentralisée un levier opérationnel de partage d’expériences et d’expertises entre les collectivités territoriales, tout particulièrement avec leurs consœurs africaines.
Il a dans ce cadre mis en avant la mission dévolue au Fonds Africain d’Appui à la Coopération Décentralisée Internationale (FACDI) des collectivités territoriales, qui, note-t-il, «quelques années après sa création en 2020, est devenu un mécanisme novateur pour accompagner des partenariats territoriaux à impact réel et pour ancrer une coopération interafricaine axée sur le développement local, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités et l’échange de savoir-faire».
Considéré comme l’un des événements majeurs du mouvement municipal mondial, le congrès de Tanger réunit plus de 3.000 participants dont des ministres chargés de la décentralisation et des collectivités locales, des maires de grandes métropoles et de capitales mondiales, ainsi que de nombreux experts, acteurs économiques, professionnels de la gestion locale et représentants des médias. Ce rendez-vous international d’envergure intervient dans un contexte mondial marqué par une dynamique visant à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux face aux défis croissants du développement, du climat et de l’inclusion sociale.
AK/APA







