La chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière de Bamako a prononcé vingt condamnations et cinq acquittements au terme de l’examen de cinq dossiers. Les décisions comportent également des condamnations pécuniaires dépassant 1,2 milliard de francs CFA, selon un bilan judiciaire diffusé dimanche 1er novembre 2026 par la télévision nationale.
Les peines prononcées par la juridiction vont jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle, tandis que certaines condamnations sont assorties du sursis, selon les déclarations d’un magistrat diffusées au journal télévisé de 20 heures de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM).
Le bilan présenté à cette occasion fait état d’un montant global de 1 milliard 221 millions 796 980 francs CFA mis à la charge des condamnés à titre principal, à l’issue de l’examen des cinq dossiers.
Ce montant correspond aux sommes dont le paiement a été ordonné par la juridiction. Il ne représente pas des fonds déjà recouvrés par le Trésor public.
La chambre criminelle a également ordonné la confiscation et la destruction des actes déclarés faux versés aux dossiers examinés.
L’affaire de la zone aéroportuaire
Parmi les procédures examinées figure celle relative aux opérations de morcellement et d’attribution de parcelles dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, impliquant l’ancien maire du District de Bamako, Adama Sangaré, et huit coaccusés.
Dans cette affaire, jugée le 26 octobre, Adama Sangaré et deux anciens sous-préfets de Kalabancoro, Ibrahima Koïta et Daha Keïta, ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle chacun.
L’ancien maire de la Commune VI de Bamako, Souleymane Dagnon, a été condamné par contumace à vingt ans de réclusion criminelle. D’autres accusés ont écopé de dix ans d’emprisonnement, dont cinq avec sursis, tandis qu’un comptable poursuivi dans le même dossier a été acquitté.
La juridiction a également condamné solidairement les personnes reconnues coupables au paiement de 50 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
À l’issue de ce verdict, les avocats de la défense avaient annoncé leur intention de faire appel devant la juridiction compétente.
Une juridiction spécialisée
Lors de la présentation du bilan de la session, le magistrat intervenant à l’ORTM a également rappelé la composition particulière de la chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière.
Contrairement aux chambres criminelles ordinaires composées de trois magistrats, cette juridiction comprend cinq magistrats titulaires et deux suppléants.
Cette organisation répond aux dispositions régissant le fonctionnement de cette formation spécialisée dans le jugement des infractions économiques et financières.
La clôture des travaux a donné lieu à des remerciements adressés aux représentants du ministère public, aux avocats et au personnel judiciaire pour leur participation au déroulement de la session.
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