Réunie à Rabat pour sa 45e Assemblée générale annuelle, la Banque de Développement Shelter Afrique (ShafDB) a officialisé sa mutation en banque multilatérale de développement, avec l’ambition de mobiliser davantage de financements pour répondre à un déficit de logements qui atteint déjà 53 millions d’unités sur le continent.
Les actionnaires de la Banque de Développement Shelter Afrique (ShafDB) ont ouvert mardi à Rabat les travaux de la 45e Assemblée générale annuelle de l’institution panafricaine, placée sous le thème « L’avenir des villes : financer un développement urbain inclusif, vert et résilient ».
La rencontre intervient alors que l’Afrique fait face à un déficit estimé à 53 millions de logements, nécessitant près de 1.400 milliards de dollars de financements, selon les chiffres présentés par la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah.
Selon les responsables de l’institution, ce déficit pourrait atteindre 130 millions d’unités à l’horizon 2030, tandis que l’urbanisation continue de progresser rapidement sur le continent. La ministre marocaine a rappelé que près de 65% des Africains devraient vivre en milieu urbain d’ici 2050, alors que les coûts liés aux phénomènes climatiques extrêmes pourraient représenter entre 45 et 50 milliards de dollars par an à l’horizon 2040.
L’événement a également été marqué par l’annonce de la transformation juridique de Shelter Afrique. Le président du Conseil d’administration, Lionel Zinsou, a indiqué que les nouveaux statuts de l’institution ont été ratifiés par la majorité des actionnaires, ouvrant la voie à son fonctionnement en tant que banque multilatérale de développement à part entière à partir du 11 juin.
Créée en 1981, l’institution regroupe aujourd’hui 44 États africains parmi ses actionnaires, aux côtés de la Banque africaine de développement (BAD) et d’Africa-Re. Cette évolution doit lui permettre d’élargir ses capacités d’intervention, notamment à travers l’émission d’obligations en monnaies locales, le refinancement hypothécaire, le financement de projets immobiliers et le développement de partenariats public-privé.
Les discussions ont également mis en avant l’expérience marocaine en matière de logement social et d’inclusion financière. Les responsables marocains ont présenté les résultats du programme d’aide directe au logement déployé entre 2024 et 2028, qui accorde des subventions comprises entre 70.000 et 100.000 dirhams aux ménages éligibles et a déjà bénéficié à 105.000 personnes. Les mécanismes de garantie Fogarim et Fogaloge ont, pour leur part, facilité l’accès à la propriété pour 320.000 ménages.
Les travaux de l’Assemblée générale se poursuivent jusqu’au 11 juin avec des échanges consacrés au financement urbain, à la résilience climatique et aux mécanismes destinés à soutenir le développement des villes africaines. Selon le directeur général de Shelter Afrique, Thierno-Habib Hann, le logement constitue désormais un enjeu central de création d’emplois, de cohésion sociale et de développement économique à l’échelle du continent.
MK/AK/APA





