Le succès de la nouvelle adjudication bissau-guinéenne, à hauteur de 15 milliards de FCFA, repose presque intégralement sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une maturité de 3 ans.
L’État de Guinée-Bissau a acté une présence très remarquée sur le marché financier régional de l’Union monétaire Ouest-africaine (Umoa) ce mardi, à l’occasion d’une double émission de titres publics, lui permettant de lever 15 milliards de FCFA.
Le Trésor public bissau-guinéen, qui ambitionnait de collecter initialement un montant global de 15 milliards de FCFA, a été submergé par l’appétit des investisseurs de la zone. Les intentions de souscription globales ont en effet atteint le niveau impressionnant de 81,3 milliards de FCFA, ce qui propulse le taux de couverture de l’opération à un niveau exceptionnel de 541,92 %.
Face à cette surliquidité de l’offre, l’émetteur a fait preuve d’une grande rigueur budgétaire en s’en tenant strictement à son objectif de départ, retenant l’enveloppe exacte de 15 milliards de FCFA et actant ainsi un taux d’absorption global de 18,45 %.
Le succès de cette adjudication repose presque intégralement sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une maturité de 3 ans. Cette tranche a concentré à elle seule l’essentiel de la bataille financière en captant 70,14 milliards de FCFA à travers 48 soumissions distinctes.
Pour cette maturité assortie d’un taux d’intérêt fixe annoncé à 6,25 %, la Guinée-Bissau a puisé l’intégralité de son besoin de 15 milliards de FCFA.
Les conditions de marché de cette ligne, dont l’échéance est fixée au 10 juin 2029, font ressortir un prix marginal de 94,5 %, un prix moyen pondéré de 94,71 % et un rendement moyen pondéré établi à 8,31 %.
À l’inverse, les Bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours ont subi un arbitrage particulièrement sévère.
Malgré un volume proposé de 11,14 milliards de FCFA par le marché, le Trésor a choisi de rejeter la quasi-totalité des offres sur le court terme, ne conservant qu’une allocation symbolique de 10 millions de FCFA.
La cartographie géographique de l’opération révèle une mobilisation majeure des places financières de l’axe Bénin-Togo. Les investisseurs béninois se hissent en tête des allocations avec un montant retenu de 5,08 milliards de FCFA, talonnés de très près par le Togo qui s’adjuge une enveloppe de 5 milliards de FCFA.
Le reste des financements a été fourni de manière plus fragmentée par la Côte d’Ivoire à hauteur de 2 milliards de FCFA, suivie par le Sénégal pour 1,65 milliards de FCFA et le Burkina Faso pour 1,2 milliards de FCFA.
En revanche, aucune offre en provenance du Mali, du Niger ou de la Guinée-Bissau elle-même n’a été retenue à l’issue de cette séance. Le règlement-livraison ainsi que la date de valeur de l’ensemble de ces titres sont attendus pour le mercredi 10 juin 2026.
ARD/Sf/APA





