L’Égypte cherche à consolider sa position de plateforme énergétique africaine, en s’appuyant sur ses infrastructures et ses alliances internationales, notamment avec les groupes Apache et ExxonMobil, pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer son attractivité auprès des investisseurs.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé, mardi 31 mars au Caire, la volonté de son pays de renforcer ses partenariats stratégiques avec les groupes américains Apache et ExxonMobil, à l’occasion du salon EGYPES 2026, principal rendez-vous énergétique en Afrique et au Moyen-Orient, selon un communiqué officiel de la présidence. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de forte instabilité sur les marchés énergétiques régionaux, marqué par des perturbations de l’offre et une hausse des prix.
À travers ces échanges avec les dirigeants des deux majors, Le Caire cherche à accélérer les investissements et à faciliter les opérations d’exploration et de production. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de « lever les obstacles et maximiser les investissements » afin de consolider un partenariat jugé central pour la sécurité énergétique nationale. Les discussions ont également porté sur l’optimisation des champs existants, notamment dans le désert occidental, ainsi que sur l’extension des activités d’exploration.
Ce positionnement s’appuie sur le poids déjà significatif d’Apache dans le paysage énergétique égyptien. Présente depuis 1994, l’entreprise américaine a investi environ 5 milliards de dollars (près de 4,6 milliards d’euros) au cours des cinq dernières années dans ses opérations locales. Elle représente aujourd’hui près de 21 % de la production nationale de pétrole et détient environ 14 % des réserves du pays, confirmant le rôle structurant des investissements étrangers dans le secteur des hydrocarbures en Afrique du Nord.
Dans le prolongement de cette dynamique, ExxonMobil a détaillé ses projets en Méditerranée orientale, notamment autour des champs gaziers « Glaucus » et « Pegasus », situés au large de Chypre. L’entreprise envisage de transporter et liquéfier ce gaz en Égypte, renforçant ainsi le positionnement du pays comme hub régional de transformation et d’exportation de gaz naturel. Des opérations d’exploration sont également en cours, en partenariat avec QatarEnergy, dans plusieurs zones offshore, avec un programme de forage prévu d’ici la fin de l’année.
Cette intensification des investissements intervient alors que les équilibres énergétiques mondiaux restent fragilisés. Lors de l’ouverture d’EGYPES, Abdel Fattah Al-Sissi a évoqué une crise marquée par une pénurie d’approvisionnement, suivie d’une hausse des prix, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.
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