Par décret présidentiel signé ce jeudi, le chef de l’État Alassane Ouattara a nommé Ibrahime Coulibaly-Kuibiert à la présidence du Conseil d’État. Cette nomination marque un tournant institutionnel majeur, intervenant au lendemain de la dissolution historique de la Commission électorale indépendante (CEI).
C’est un mouvement stratégique au sommet de la magistrature ivoirienne. Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, magistrat hors hiérarchie de Groupe A, quitte ses fonctions de président de la CEI pour succéder à Patrice Yao Kouakou, dont le mandat à la tête du Conseil d’État est arrivé à expiration.
Cette nomination ne passe pas inaperçue. Elle survient 24 heures seulement après qu’une ordonnance a acté la dissolution de la Commission électorale indépendante. En poste à la tête de cette institution jusqu’à sa disparition, Coulibaly-Kuibiert change d’épaule son fusil pour diriger désormais l’une des plus hautes instances judiciaires du pays, chargée de réguler l’action administrative.
Le départ de Coulibaly-Kuibiert pour le Conseil d’État coïncide avec la fermeture définitive d’un chapitre de l’histoire politique ivoirienne, la fin de la CEI, créée en octobre 2001. Cette institution quitte la scène après un quart de siècle d’existence.
Pendant 25 ans, l’institution a eu la lourde tâche d’organiser et de superviser les élections et les référendums. Son parcours, souvent ponctué de vives contestations et de tensions politiques, prend fin dans un climat de réforme de cet organe chargé des scrutins nationaux.
AP/Sf/APA







