Selon les autorités égyptiennes, le projet agricole intégré du « Nouveau Delta » vise à transformer environ 2,5 millions d’hectares dans de désert en terres agricoles productives, grâce notamment au recours aux eaux de drainage agricole traitées et à d’importantes infrastructures hydrauliques et énergétiques.
Le coût global du programme avoisine 800 milliards de livres égyptiennes, a indiqué Abdel Fattah Al-Sissi lors de la cérémonie d’inauguration organisée en présence du Premier ministre Mostafa Madbouly et de plusieurs hauts responsables de l’État.
Le chef de l’État a présenté ce chantier comme l’un des principaux instruments de sécurisation alimentaire de l’Égypte, dans un contexte marqué par la pression démographique et les défis hydriques.
« Les Égyptiens doivent se réjouir et être fiers de cet accomplissement », a déclaré Al-Sissi, en soulignant la mobilisation coordonnée des institutions publiques et du secteur privé.
Selon lui, près de 150 entreprises participent directement à la production agricole du projet, auxquelles s’ajoutent des centaines d’acteurs opérant dans les infrastructures, l’énergie et les services connexes.
Les autorités égyptiennes mettent également en avant la dimension industrielle et logistique du programme. Le projet comprend près de 12 000 kilomètres de nouvelles routes, la construction de 19 stations principales de pompage ainsi que des centrales électriques totalisant environ 2 000 mégawatts de capacité installée. Les eaux agricoles traitées sont acheminées via deux grands axes hydrauliques de 150 kilomètres chacun afin d’alimenter les nouvelles exploitations agricoles situées à l’ouest du Delta et au sud d’El Alamein.
Cette stratégie agricole s’inscrit parallèlement dans une logique de spécialisation des cultures. Les terres fertiles historiques de la vallée du Nil et du Delta continueront à accueillir des cultures à haut rendement comme le blé et le maïs, tandis que les nouvelles terres désertiques seront orientées vers des productions adaptées aux sols arides, notamment la betterave sucrière. Le président égyptien a estimé que le projet pourrait générer environ deux millions d’emplois durables.
Le « Nouveau Delta » intervient alors que l’Égypte demeure fortement dépendante des importations agricoles. Abdel Fattah Al-Sissi a rappelé que le pays importe chaque année entre 14 et 17 millions de tonnes d’aliments pour animaux, en plus des volumes importants de blé nécessaires à la consommation nationale.
Le président égyptien a également évoqué d’autres projets agricoles en cours dans les régions de Minya, Beni Suef, Toshka, Kom Ombo, Est Oweinat et le Sinaï, présentés comme des piliers de la stratégie de développement agricole du pays à l’horizon 2030.
MK/AK/Sf/APA






