Le refus de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) de prolonger les délais de dépôt des candidatures illustre les tensions persistantes entourant l’organisation des prochaines législatives en Algérie, alors que plusieurs partis dénoncent des obstacles administratifs ayant compliqué la collecte des signatures requises.
Dans un communiqué publié dimanche, l’Anie a confirmé le maintien de la date limite du 18 mai 2026 à minuit pour le dépôt des déclarations collectives de candidatures. Cette décision intervient malgré les demandes formulées par plusieurs formations politiques souhaitant obtenir un délai supplémentaire afin de finaliser leurs dossiers.
L’Autorité électorale a parallèlement démenti des informations circulant sur les réseaux sociaux concernant un prétendu recrutement d’encadreurs pour les bureaux de vote. L’instance a dénoncé des annonces « mensongères » susceptibles, selon elle, de perturber le processus électoral, appelant les citoyens à faire preuve de vigilance et à ne pas transmettre leurs données personnelles.
Au-delà de cette mise au point, le maintien du calendrier électoral met surtout en lumière les difficultés rencontrées par de nombreux partis dans la phase préparatoire du scrutin. Plusieurs formations, notamment des micro-partis et des candidats de la diaspora, affirment avoir été confrontés à des lenteurs administratives, à des retards dans l’activation des guichets de validation et à des difficultés de collecte des formulaires de parrainage dans certaines communes.
Le président par intérim de l’Anie, Karim Khelfane, avait reçu récemment des représentants de petites formations politiques comme l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS) ou Talaie El Hourriyet afin d’examiner leurs préoccupations. L’Autorité avait alors reconnu l’existence de difficultés organisationnelles, tout en précisant que toute décision de prolongation relevait exclusivement des prérogatives du président Abdelmadjid Tebboune.
Cette réponse a alimenté les critiques de plusieurs acteurs politiques qui estiment que les conditions administratives imposées favorisent les formations déjà implantées au détriment des partis disposant de moyens plus limités. Derrière la question technique des parrainages, c’est plus largement la capacité du système électoral algérien à garantir une compétition réellement ouverte qui continue d’être interrogée par une partie de la classe politique.
Le maintien strict des délais semble toutefois conforté par le fait que plusieurs grands partis, dont le FFS ou le Parti des travailleurs, affirment avoir atteint les seuils requis dans plusieurs wilayas. Ces formations ont déjà engagé leurs premières activités de pré-campagne, à l’image du MSP qui a organisé ce week-end un colloque consacré à sa stratégie de communication électorale.
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