Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé la mise à disposition d’environ 2,5 millions d’hectares de terres appartenant à l’État au profit des agriculteurs noirs, avec la délivrance de titres de propriété pour renforcer leur participation à l’agriculture commerciale.
Des terres mis à la disposition des agriculteurs noirs, par le président Ramaphosa, seront attribuées dans le cadre de la Stratégie d’acquisition foncière proactive du gouvernement su-africain, qui vise à corriger les inégalités persistantes dans la propriété foncière, plus de trente ans après la fin de l’apartheid.
Selon Cyril Ramaphosa, la sécurisation de l’accès à la terre constitue une étape essentielle pour favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’agriculteurs commerciaux noirs. Il a toutefois souligné que la redistribution foncière devait s’accompagner d’un accès au financement, à la formation, au mentorat, aux technologies et aux marchés.
« La première étape pour former une nouvelle génération d’agriculteurs sud-africains consiste à leur donner accès à des terres assorties de titres de propriété », a déclaré le chef de l’État mardi soir.
Lancé après la transition démocratique de 1994, le programme sud-africain de réforme foncière vise à réparer les injustices historiques liées à la dépossession des populations noires sous la colonisation et l’apartheid. Il repose sur la restitution des terres, leur redistribution et la réforme des régimes fonciers afin de protéger les droits des communautés vulnérables.
Malgré les efforts engagés, la propriété foncière et la production agricole restent marquées par de fortes disparités. Les exploitations commerciales, majoritairement détenues par des Blancs, continuent d’assurer l’essentiel de la production, tandis que les agriculteurs noirs ne représentent qu’environ 10 % de la production agricole commerciale, selon le président sud-africain.
« Nous avons toujours ce que l’on a appelé “deux agricultures” », a déploré Ramaphosa.
Pour Cyril Ramaphosa, l’élargissement de la participation des populations noires à l’agriculture commerciale constitue non seulement un impératif de justice historique, mais aussi un enjeu de sécurité alimentaire. Il a averti qu’il serait de plus en plus difficile de répondre aux besoins d’une population croissante en s’appuyant sur une part relativement limitée des Sud-Africains pour assurer la production agricole du pays.
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