En marge de la 153ᵉ Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) à Arusha, les législateurs du Groupe géopolitique africain ont scellé une alliance politique historique avec les instances de l’Union africaine et d’Africa CDC.
Face aux défaillances critiques de la prise en charge de la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents (RMNCAH), une feuille de route continentale inédite a été officiellement adoptée.
Portée par l’impulsion de Samia Suluhu Hassan, présidente de la République-Unie de Tanzanie et Championne de l’Union africaine pour la santé maternelle et infantile, cette mobilisation a réuni la direction de l’UIP, notamment sa présidente Tulia Ackson, ainsi que les réseaux parlementaires régionaux.
Ensemble, ils ont validé la « note d’action parlementaire d’Arusha » et approuvé la feuille de route continentale 2026–2030. Cette dernière s’articule autour d’un mot d’ordre clair, les « Trois Zéros » : Zéro accouchement à domicile non assisté, Zéro décès maternel et néonatal évitable et Zéro enfant non vacciné.
Pour concrétiser ces ambitions, les délégations se sont engagées à actionner les leviers budgétaires nationaux, à renforcer le contrôle parlementaire et à adapter leurs législations respectives. Un dispositif opérationnel strict accompagnera cette déclaration, notamment la nomination de points focaux nationaux et l’instauration d’un registre de suivi des actions concrètes sous 180 jours.
L’urgence de cet engagement politique est dictée par des indicateurs sanitaires alarmants. Selon le dernier rapport d’Africa CDC, les États membres de l’Union africaine ont enregistré environ 178 600 décès maternels, représentant près de 69 % du total mondial, ainsi que 1,18 million de décès néonatals par an.
Le rapport met en lumière un décalage structurel majeur entre l’écriture des politiques publiques et leur application réelle sur le terrain. L’hémorragie obstétricale reste la première cause de mortalité maternelle documentée dans 18 des 25 pays rapporteurs.
En outre, la prématurité et l’asphyxie intrapartum constituent les principales menaces pour les nouveau-nés. La faiblesse du suivi clinique, elle, persiste : sur 34 pays évalués, seuls 14 ont appliqué les recommandations des revues des décès maternels et périnataux.
Le cœur du problème demeure financier. À ce jour, seuls 28 des 55 États membres de l’Union africaine disposent d’une ligne budgétaire explicitement dédiée à la santé sexuelle et reproductive. Si la tendance actuelle se poursuit, le taux de mortalité maternelle moyen sur le continent se situerait encore à 330 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2030, soit près de cinq fois la cible fixée par les Objectifs de développement durable (ODD).
En adoptant une position contraignante à Arusha, les parlementaires africains affirment que l’accès aux soins d’urgence et la couverture vaccinale ne relèvent plus de la simple intention, mais d’une obligation de résultats.
Pour s’assurer du respect des promesses ministérielles, des institutions techniques comme Africa CDC et l’ECSA-HC déploient désormais des modèles d’évaluation rigoureux basés sur des tableaux de bord présidentiels, liant directement les budgets alloués aux indicateurs de survie des populations les plus vulnérables.
AP/APA





