La souveraineté financière de l’Afrique est au menu de la 5ème édition de l’Africa Financial Summit (AFIS), ouverte lundi à Casablanca, en présence de près de 1.250 leaders de l’écosystème financier du continent et du monde entier.
Les participants à un panel programmé dans le cadre de l’Africa Financial Summit à Casablanca, ont souligné que la souveraineté économique durable du continent passe par la libération de son épargne, l’intégration de ses marchés et la confiance entre ses acteurs.
Initié sous le thème « Nouvelle architecture mondiale : où l’Afrique peut-elle se tourner pour obtenir les financements dont elle a besoin ? », le panel a permis aux participants de plaider en faveur d’une mobilisation coordonnée des ressources financières africaines.
La ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a mis en exergue, lors de ce panel, les défis structurels de l’Afrique pour capter et mobiliser son épargne colossale. Elle a fait remarquer que la fragmentation des marchés est accentuée par la multiplicité des monnaies et pousse naturellement les investisseurs africains à chercher des opportunités ailleurs, jugeant nécessaire une interconnexion à grande échelle des systèmes financiers pour regrouper les différentes monnaies et offrir une liquidité et une profondeur de marché suffisantes, à même de retenir et d’attirer les capitaux en Afrique.
De son côté, le Vice-Président Régional Afrique à l’International Finance Corporation (IFC -Société Financière Internationale), Ethiopis Tafara, a souligné que la forme la plus importante du financement est l’apport en capital (equity), mettant en avant le potentiel colossal des fonds de pension et d’assurance.
Le directeur général d’Ecobank Transnational Inc, Jeremy Awori, a mis l’accent sur les efforts déployés par la Banque en matière d’analyse des données et d’intelligence artificielle, en partenariat avec Google, afin d’accélérer les décisions de crédit au plus près des marchés, pour étendre le crédit au secteur privé et aux petites et moyennes entreprises (PME).
« La digitalisation et les données représentent une nouvelle ressource pour débloquer de la valeur. Ecobank investit dans l’analyse des données et l’intelligence artificielle en partenariat avec Google, afin d’accélérer les décisions de crédit au plus près des marchés, pour étendre le crédit au secteur privé et aux PME », a-t-il dit.
Quant au président d’Access Holdings and Coronation Group, Aigboje Aig-Imoukhuede, il a insisté sur le fait que l’Afrique reste pleinement focalisée sur le développement et la mise en œuvre de ses propres solutions internes, privilégiant une approche autonome et durable pour renforcer sa souveraineté économique et financière.
« Peu de pays africains disposent de ratios de richesse élevés, ce qui complique l’accès aux données », a souligné M. Ngankam, notant que l’accès aux garanties collatéraux est aussi un obstacle majeur.
Intervenant a l’ouverture de ce sommet, Amir Ben Yahmed, président du Groupe Jeune Afrique Media et directeur général de l’AFIS (Africa Financial Summit) a souligné que le Maroc constitue un modèle africain de développement, notamment en matière d’infrastructures et de qualité de politiques publiques,, notant que cette réussite se reflète dans le secteur financier du Royaume qui ne cesse de montrer son dynamisme et ses capacités d’innovation.
Organisé jusqu’au 04 novembre par Jeune Afrique Media Group, en partenariat avec International Finance Corporation (IFC – Société financière internationale) et avec le soutien des grandes institutions financières marocaines et africaines, sous le thème « Notre capital, notre puissance : libérons la souveraineté financière de l’Afrique », l’AFIS se veut une plateforme de partage d’idées et de réflexion stratégique par excellence.
La rencontre réunit des représentants du secteur privé, des banquiers, des assureurs, des innovateurs fintech et des spécialistes des marchés de capitaux, aux côtés de décideurs publics et de régulateurs. inclusive et robuste.
Au programme de cet évènement, figurent des échanges de haut niveau pour élaborer des solutions concrètes aux défis auxquels le secteur est confronté, visant ainsi à contribuer à la structuration d’une industrie intégrée panafricaine des services financiers.
AK/Sf/APA







